Décembre à Rome 1

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Mercredi 15 décembre

Il y a quelques années de cela, alors que je dépérissais en cours de latin pendant ma classe d’hypokhâgne, les mots de Corneille s’accordaient avec mon état d’esprit : Rome, uniquement objet de mon ressentiment…!

Je n’ai pas appris grand chose en latin, mais j’ai quelques résidus tenaces de l’histoire de Rome et de ces penseurs. Marguerite Yourcenar mettant des mots de l’histoire sous la plume du sage Hadrien m’avait remis le pied à l’étrier au printemps dernier… A présent, Rome, me voilà !

Il n’est pas de voyage dont la préparation puisse être sereine. Les listes, les visualisations et les bonne résolutions n’empêcherons jamais  les éléments  de se bousculer et de créer la panique a l’heure du départ… si je saute dans le bon bus, cela relève toujours du miracle. Il y aura bien un jour ou je manquerai un avion par faute de temps.

L’ami G. et son cher et tendre m’ont hébergé le temps d’une nuit afin que je me rapproche de l’honnis aéroport de Skavsta, équivalent d’un bout du monde a l’échelle de Stockholm, desservi par la « play*mob1le-plane company », j’ai nommé  l’abominable mais si pratique ryan*a1r ! Même si je m’étais stratégiquement rapprochée de l’aéroport, le réveil a tout de même sonné a 5. A 6 heures, j’étais a l’aéroport et a non pas 7h20 mais hélas un heure plus tard nous décollions enfin. Sommeil mouvementé dans l’avion – je rêve que l’on transporte 2 corps d’italiens dans l’avion et que, lorsque nous survolons la frontière, les passagers entament des cantiques. Sièges incompatibles avec mes gambettes qui se heurtent au dossier du siège d’en face. Ce n’est pas avec toutes les horribles histoire de stewards irresponsables de P. (le compagnon de G., lui-même steward chez les play*mob1les) que mon opinion changera sur ces irlandais.

Arrivée a l’aéroport de Ciampino. Du soleil ! Du soleil qui réchauffe la peau malgré la fraicheur matinale. Je fais la suédoise, je reste plantée, les yeux fermes, le visage tourne vers la lumière. Je recharge mes batteries.

Bien évidement, les grandes petites angoisses du départ s’envolent lorsque je pose le pied sur le sol italien. Les péripéties du voyage ne font que commencer. Compte en banque presque vide, pas un euros en poche, il s’agit d’abord de monter de dans le bus qui me mènera dans le centre de Rome. Sans pouvoir acheter mon ticket par carte bleue, sans qu’aucun distributeur de billet ne fonctionne et sans argent sur mon téléphone portable pour appeler K, je ne sais pas comment je vais me sortir de la. Grand moment d’incertitude… je me sens étrangère… les tempéraments italiens sont si différent des suédois ! Devant l’aéroport, cinq ou six hommes, vêtus de grands manteaux noirs et de costumes, cheveux plaqués de gélatine, grosses lunettes noires visées sur le nez, se donnaient un air important, les bras croisés, bien campés sur deux jambes, complotant, regardant pardessus leur épaule… mais si c’était la Berlu qu’ils attendait, je doute qu’il se pointe a Ciampino. Mais je n ‘aurai pas été surprise qu’un parrain débarque ou qu’un tueur fasse son apparition. Je suis peut-être trop influencée le Parrain et par ma visite de Naples avec ses histoires de Camorra ; mais cela ne m’étonnerai guère que quelque chose du même acabit se trame par ici. Par un miracle que je ne saurai expliquer, la carte bleue suédoise qui est supposé fonctionner qu’en Suède m’a craché quelques coupures qui m’ont amenés jusqu’à centre de Rome. Quelle surprise sur le chemin : ici, l’herbe est encore verte, les routes sont bordées de cyprès, de pins majestueux que j’imagine parasols, de citronniers dans les jardins comme un clin d’œil a Naples. Il y a même quelques que palmiers, et… diantre ! me revoici en Arizona – de cactus sur le bord de la route ! Les abords de Rome ont des tons ocre, quelques ruines comme posées la part hasard. Puis la ville prend corps, si différente du Grand Nord. Rues de petites boutiques aux larges boulevards, grands pins… Ici, les gens flânent plus qu’ailleurs, les discussions se forment et s’animent, les rues sont encombrées de petites voitures qui doublent aussi aisément par la gauche que par la droite. Je n’ai vu aucun accident de la route ; il paraît que j’ai de la chance. K m’attendait  a la station centrale, impatient, radieux. Quel bonheur de lui sauter littéralement dans les bras au sortir du bus ! Il m’a accueilli avec une petite bouteille de vin, des Ferrero rochers et un pot de Nutella miniature, ce sont les prémices de la belle vie !

Nous sommes rentrés à « la maison », après une seconde longue balade en bus ou… nous sommes passes devant le Colisée ! il était là, pose au milieu de la ville ! A la fois incroyable et émouvant. J’ai croise un nombre étonnant de petites nonnes qui se pressaient dans la ville, quelques Mama italiennes s’activant au balcon (les balcons sont des éléments décisifs dans le choix de l’habitat a Rome, chaque appartement a son balcon, reste à négocier la taille et l’orientation).  Nous nous sommes arrêtés dans une pizzeria pour déjeuner. Evidement qu’il me fallait une pizza Romaine (et non pas romanienne comme disait Marat), pour débuter mon séjour romain ! Eh, bien, cela ne ressemble en rien aux pizzas mangées auparavant : pizza poisson-pomme de terre, dégoulinant d’huile…

K m’a déposé à la maison, avant de repartir au travail. Ma parole, mon fiance est un homme occupe qui ne peut se soustraire a ses responsabilités… Je l’ai accompagne au tramway, sur le chemin du retour j’ai pris le temps de quelques photos du quartier, il y avait cette belle lumière d’hiver qui réchauffe les couleurs des façades… et qui ne se couche pas a 14h30 !

Je n’ai pas résisté, en rentrant a la maison, je me suis effondrée, j’ai dormi dormi dormi, bouquine en attendant le retour de K. Voyager c’est bien, mais c’est fatiguant !

K a démontré ses talents en matière de cuisine italienne. Le secret ? de la crème fraiche diluée avec…  (bon d’accord un peu d’eau, mais surtout) du beurre ! Et vous me croirez si vous voulez, mais on a l’impression de manger léger !

L’appartement ou K loue sa chambre de 6 m2 est un peu désuet, un peu vétuste. Il me rappelle de la maison de mes grands parents normands, au Havre… Baignoire sabot, chasse d’eau – qui littéralement – se tire, mêmes carreaux bleu ciel, énorme robinet et évier en email blanc qui semblent avoir été la depuis toujours. J’ai bien ce coté un peu suranné, sauf pour les fenêtres qui ne connaissent pas le double vitrage et qui laissent passer un vent froid, et le sol en carrelage aussi froid que de la neige… Difficile de s’endormir lorsque l’on est deux a claquer des dents….

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