Décembre à Rome, 4 bis

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Chez Marcella[1], toujours le 18 décembre

Après cette folle journée à écumer Rome de fond en comble, ou presque, les rotules au niveau des chevilles, presque morts d’épuisement mais encore légèrement vaillants, nous nous rendons chez l’ami A pour partager un repas et une soirée.

Il nous reçoit chez sa propriétaire – j’ai l’impression qu’à Rome tous les particuliers sous-louent la moindre chambre de libre – et son appartement est un inventaire à la Prévert teinté de chanson de Vian. Les murs sont jaunes, verts ou bleu, et les premiers mots qui me viennent à l’esprit sont « capharnaüm » et « j’aime ! ». Il y a des livres dans chaque recoin. Les portes mêmes sont coulissantes pour y mettre des bibliothèques. Dans chaque chambre, il y a des merveilles tellement entassées et empilées que ca relève de l’archéologie. Mais le plus remarquable sont les placards qui dissimulent cabines douche ou WC au milieu d’une penderie. C’est une installation digne d’’un sous-marin, avec l’odeur en moins ! Et puis, outre les livres, il y a des verres, des bouteilles, des aspics, des trucs, des machins et des bidules inclassables et peu nommables qui s’accumulent par centaines. Comme si tout cela pouvait resservir un jour, qu’il ne fallait surtout surtout rien jeter. Il y a des dictionnaires de 6 ou sept langues disséminés dans la maison, dont une dizaine de manuels de français, des guides de voyages correspondants à tout un tas de pays de tous les continents, comme un tour du monde en un regard. Sauf que détrompez vous, c’est tellement dense qu’on ne peut tout embrasser à la fois. Il y a trop d’informations accumulées dans chaque centimètre carré pour qu’un cerveau humain (en tout cas pas le mien) puisse tout identifier au premier abord. C’est aussi sans compter les innombrables objets ramenés de voyage et les posters, affiches et tableaux qui recouvrent les murs ou le moindre interstice – sauf que si, on voit que le mur est jaune ou bleu, je vous vois venir mauvaises langues ! Au lieu de me sentir oppressés, K et moi nous sommes sentis étrangement bien dans ce lieu. Ce n’était pas une énième chambre d’étudiant de passage pour 3 mois mais un foyer, un endroit avec de la chaleur humaine, un endroit que l’on appelle chez soi. Toutefois, les vieilles bouteilles et les bannettes en polystyrène qui trainent entre les meubles auraient été mieux au recyclage, et certaines règles de la maison peuvent rendre la vie difficile à ses usagers. Pas de machine à laver avant 22h parce qu’après l’électricité est moins chère, et il faut aussi bidouiller les programmes pour que le cycle consomme moins d’eau et dure moins longtemps. La vaisselle doit être faite sans éponge et sans produit parce que ca pollue et autres fantaisies peut-être un peu lourdes lorsqu’on les subit plus qu’on ne les choisi.

A nous a servi un aperitivo digne de ce nom suivit d’un excellent Tajine ; une bonne table avec une joyeuse tablée, voilà de qui parfaire cette chouette journée !


[1] Marcella ne s’appelle pas Marcella, et c’est tres bien comme ca !

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  1. Oui oui c’est bien comme tu décris… Imaginez la tristesse d’un retour dans une maison de banlieue bien rangée après avoir vécu dans une grotte d’Ali Baba !
    Ce fut une chouette soirée pour moi aussi !
    A bientôt peut-être !

    l’ami A

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