Le choeur des femmes, de M. Wincker

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Le choeur des femmes.

De Martin Winckler

livre prêté par Nathou , et qui sort en poche au mois de février : ne passez pas a coté !

Il n’agit pas ici d’un traité de médecine, ou de psychologie, il ne s’agit pas d’une rengaine bobo-ecolo-naturalogisante…

C’est plutôt une découverte, celle d’une écoute et d’un respect.

L’histoire a un cadre médical, presque un lieu clôt, un hôpital, labyrinthique, qui renferme un cocon en son sein ; l’unité 77 est un lieu a part, comme hors des norme ou hors du temps, un lieu ou des femmes viennent consulter, plus ici qu’ailleurs. Non, le médecin chef n’est pas un bel éphèbe qui fait tomber ces dames comme des mouches, mais un gentil barbu qui sait écouter, et expliquer (il ressemble et tient exactement le même discours que l’auteur[1], cela rend le personnage et l’homme d’autant plus sympathique).

On y rencontre mille et une patientes chacune chargée de sa propre histoire, qui tour a tour dévoilent leurs incompréhensions, angoisses à celui qu’elles espèrent qu’il aidera, à ne plus souffrir d’abord, à avoir confiance aussi.

Et il y a cette écoute de sa part a Lui, cette bienveillance, cette bonté et cette patience. En contre ton, on trouve chez l’interne impatience, préjugés et rudesse… exaspérants d’abord, mais qui dévoilent une sensibilité extrême. Il est presque plus douloureux de voir le mur de violence de l’interne, que de lire et partager la souffrance du chœur des patientes. Chacune d’entre elle chantant selon sa tessiture propre, avec sa mélodie et son histoire, mais thèmes et variations reviennent sans cesse, comme un douloureux canon qui ne saurait cesser de chanter.

Et puis dans la seconde partie du bouquin – ou est-ce le dernier tiers ? – toujours est-il que le cœur des femmes laisse place à un solo déchirant, celui qui raconte le tabou du troisième sexe[2]. Ses déchirures, ses mutilations…

D’un parti pris féministe teinté de témoignages a la réflexion quant a l’identité sexuelle d’un nouveau-né a la morphologie peu typique, il n’y a qu’un pas, franchi allègrement et en beauté.

Ce livre – encore un – ne m’a pas laissé indifférente. Environ 600 pages dévorées en moins de 24 heures, qui restent en écho dans ma tête plusieurs jours après la lecture. C’est un livre qui séduira peut-être plus les femmes, elles se sentiront peut-être  concernées, impliquées, mais qui a une portée universelle. Après tout, nous vivons tous ensemble dans une même société et quelque soit le genre, nous rencontrons les même problèmes. D’ailleurs je serai intéressée d’entendre l’opinion d’un homme a ce sujet : comment ce situe t’il par rapport a toutes ces histoires de Femme ?

Peut-être que les femmes ont plus de chance : elles osent parler – même simplement entre copines de leurs déboires intimes, de ce corps qu’on ne comprend pas toujours. Et cas échéant, un médecin répondra – ou non a leur question ; y a t-il un médecin auquel les hommes peuvent se confier aussi librement et intimement ?


[2] si vous voulez jouer les intellos, jetez un oeil sur  Troubles dans le genre de Judith Butler

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  1. Trop géniale la photo !!!
    J’ai lu les premières pages du bouquin sur le site de l’éditeur… On dirait un Dc H0use !! ça + ton commentaire… maintenant, il va falloir patienter jusqu’à la sortie en poche ! dur,dur !

    • Mmm, Dc House ne m’est pas très sympathique, le Dc Karma nettement plus ! Il l’est d’autant plus avec le contraste avec l’interne… Mais on s’attache finalement au deux personnages ! C’est dur d’en parler sans trop en dire !
      Pour la photo, ça vient du site ffound que j’ai mis en lien sur ce blog. C’est un peu comme la pêche a la ligne, on ne sait jamais ce qu’on va y trouver !

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