Déménagée

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Déménagée

Le K n’est plus étudiant et je me suis (comme toujours) mal débrouillée… Mis à la porte, exclus, jartés comme des malpropres. On l’avait venu venir et depuis septembre j’essayais d’anticiper. En vain, la crise du logement a Stockholm est une vrai plaie.

Un froid jour de janvier, mon super-superviseur me dit « va voir Unetelle, il y a un logement pour toi ». A Stockholm tout se fait et s’obtient par réseau, alors j’avais crié sur les toits et avais pleuré mon désespoir à l’ensemble de mes connaissances. Bingo ! Untelle me dit : « les parents du petit ami de ma fille [si c’est pas du réseau ca !] partent vivre deux ans en Ethiopie et ils louent leur maison à des étudiants en doctorat. Il y a une chambre en rab’, ca t’intéresse ? » Pour sur ! Ni une ni deux, j’appelle, prends rendez-vous, pars en expédition en grande banlieue, arrive en avance, me trompe de lieu de rencontre résultat je suis en retard… Je visite la maison en quelques instants, l’offre est trop précieuse pour faire la fine bouche…

Moi voilà donc, à peine rentrée d’Italie et de France, sur le chemin de la Belgique, des Etats-Unis et de l’Italie, dans les cartons. Deux ans de vie de couple dans un 18 mètres carré. C’est fou ce qu’on accumule !

Samedi ensoleillé, il fait presque 2 degrés, le manteau est accessoire, je suis fatiguée mais déterminée. Les précieux parents de Y sont venus donner un coup de volant, avoir une voiture n’est pas du luxe !

Hélas, la maison n’est pas de bois rouge, mais de crépis jaune. Pas grave, c’est une maison, c’est la classe ! Un petit jardin, quelques arbres, des mésanges dans la neige… J’attends le printemps avec impatience ! Ca sera chouette !

Mes colocataires sont Tanzaniens. L’Afrique de l’Est m’est étrangère, c’est un voyage en Suède en Afrique qui fera mon quotidien. Ce ne sont pas des étudiants de première jeunesse, ils sont mariés, ont des (grands) enfants, portent des lunettes de presbytes et ont déjà plusieurs années d’expérience professionnelle. Ca me change des gamins du corridor ! Au moins la cuisine est propre !

Les propriétaires sont partis pour deux ans, mais il semble qu’ils peuvent revenir d’un instant à l’autre. La maison est remplie de leurs affaires, de leurs vêtements, chaussures, trucs, bazar, bordel. Il n’y a pas un placard, pas une étagère (pas même dans la salle de bain), pas un tiroir qui ne soit rempli, gonflé de leurs affaires. Les photos des familles sont restées, les faires parts et cartes de vœux aussi. Il est difficile de se sentir chez soit quand on est si fortement chez eux. Ils nous louent leur maison mais n’ont pas pensé à notre présence, ne l’ont pas aménagée. Je suis encore surprise, un peu mal à l’aise, j’ai du mal à faire mon trou, à y être chez moi.

Je me suis installée dans la cave, la plus grande chambre de toute ma vie ! J’y ai amené notre unique meuble : notre lit (d’occas’, aux ressorts douteux, mais c’est le notre et je l’aime bien), le reste est fourni par la maisonnée. J’ai même délocalisé un certain nombre de fauteuils, chaises, bidules et choses histoire de m’installer. Mais au moins j’ai bureaux et étagères, c’est pas mal pour poser bouquins et musique. Ici j’ai fait mon trou j’ai recréé un nid pour notre couple, un endroit ou j’espère qu’on pourra se retrouver entre deux avions, entre deux voyages. Je ne sais pas combien de temps j’y (nous) y resterons, assez longtemps pour appeler cela « la maison » ?

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