Arizona : les lumières de la ville

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Arizona : les lumières de la ville

15 mars

Ce soir, je marche, je m’aère.

La conférence est passionnante, les rencontres sont riches, mais j’ai besoin d’espace, de recul, de solitude contemplative. Mon corps le dit pour moi, je me sens malade. Rien de grave, juste assez pour avoir mauvaise mine et m’éclipser. Sommeil réparateur, lecture, je me substante, puis j’entame une longue marche vers le soleil couchant. Entre le canal et les plantes du désert, entre les ponts et les routes, je marche au rythme de ma respiration, je m’imprègne de l’environnement. Les avions sont incessants, les voitures aussi, quelques coureurs, des cyclistes, des avironneurs. Tout semble toujours être en mouvement, peut-être coordonné, j’y vois une machine infernale qui s’emballe et ne sait plus s’arrêter. Suis-je la seule à goûter la lenteur ? Le soleil du désert offre un spectacle remarquable, je ne ferai demi-tour que quand le ciel aura achevé son ballet de couleurs, je le regarderai, m’en imprégnerai jusqu’à la fin. Au moment où je crois que tout est fini, que je m’assieds au ras de l’eau, un dernier rayon rouge semble percer sous un pont. Mon regard se détourne pour suivre les reflets des avions sur la surface, comme des poissons venus des profondeurs, malades d’oxygène, ils oscillent incertains. Puis surprise, c’est une lumière verte qui perce sous le pont. Quoi ? Le rayon vert du Pacifique au beau milieu de l’Arizona ? Mon esprit se trouble, je m’avoue démunie… Puis c’est le noir, puis rouge encore. Ce n’est pas le soleil qui cabriole, mais la ville qui se pare de lumières, comme si elle ne voulait pas être ignorée. Comment pourrait-on se détacher de son omniprésence physique, sonore, visuelle ? Elle capture tous les sens1, ne laisse pas de répit ; le refuge se trouve dans les petites choses, dans l’observation et la contemplation d’un cactus ou d’un aloé, et enfin le bruit s’estompe…

 

1Je vous passe les odeurs du trafic routier et de friture. Même en marchant le long de l’eau il faut se concentrer pour la sentir…

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