Ce que j’ai entendu du frère DoJi

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Ce que j’ai entendu du frère DoJi

Je voudrais vous raconter ce que j’ai entendu de Frère DoJi, ce que j’en ai compris, retenu.

Dois-je vous présenter le contexte ? Wee-end mère-fille, dans un monastère de Bénédictines aux alentours de Bruxelles, retraite bouddhique1, retraite pour méditer, pour réfléchir sur le thème “comment gagner sa vie”.

Les enseignements furent comme les meilleurs cours de philo de HK2, avec un grand petit quelque chose de sagesse, d’amour, de compréhension et de rire en plus.

Je ne sais transmettre ici l’art de la marche, de l’assise, de l’écoute et du regard, de la réunion avec le souffle et le corps, la pleine conscience portée par la communauté. Tout ce que je sais c’est que je me suis redressée, que je me suis réconciliée avec les chaises et l’assise, que j’ai appris à m’ancrer en moi… lisez encore un peu et vous comprendrez.

Je ne parlerai que peu (ou pas directement, pas du tout, ou plus tard) du travail ici, mon rapport avec le travail étant under construction, flou, uncertain, surtout fait de craintes et d’angoisses, j’aurai les mots quand je n’aurai plus peur…

Pour commencer avec la souffrance : quand on associe son identité avec sa souffrance, c’est une victoire du « petit moi », de la vanité. On peut commencer par observer les douleurs pour s’en détacher. L’idée est que « Ce qui est accueilli finit par disparaître », que cela soit une douleur, un bruit, une idée parasite; regarder, accepter, et laisser s’écouler…

Si quelque chose, une difficulté, une souffrance, n’a pas été résolue, il y a toutes les chances qu’elle se reproduise. Ce qui se passe dans un présent mal vécu renvoie à quelque chose d’un passé mal vécu, non-résolu. On a toujours la possibilité de prendre du recul, de changer de regard, prendre la situation présente comme une opportunité, une possibilité de comprendre. C’est changer de perspective pour se libérer, se soustraire pour mieux revenir. La compassion, c’est l’intelligence du coeur, c’est une intuition – pas une interprétation, ni une émotion – c’est ce qui permet d’écouter en soi, de prendre des décisions, d’écouter les autres pour mieux les comprendre ; c’est comprendre les raisons derrière un comportement, c’est ouvrir son coeur et compatir comme alternative à toute réaction négative à une souffrance pour soi et pour les autres. Mais il faut d’abord prendre soin de soi, avoir de la compassion pour soi et se comprendre, se détacher de ses souffrances pour pouvoir prendre soin des autres,…

La prise de conscience (de la douleur, d’un problème) précède le changement. C’est une première étape à accepter comme telle. D’où l’importance d’apprendre à écouter – en soi – pour identifier la fin d’un cycle, pour reconnaître le moment de passer à autre chose. Puis, ce que nous souhaitons au plus profond de nous (et pourvu que l’on médite rajoute Frère DoJi) fini par se réaliser, c’est une question de temps. L’attente fait partie du changement, mais il s’agit de pas craindre l’erreur ou l’échec, « c’est en quittant que l’on trouve la force de continuer ». Il faut « Aller là ou son coeur parle ».

Mais on a tous besoin d’un endroit où poser sa souffrance, où déposer la violence recue. Certains embrassent des arbres, d’autres crient aux Quatres Vents ou déposent leur parole, auprès de leur pairs ou d’une oreille compatissante, d’un curé, d’un psy ou d’un confident. L’introspection n’est pas suffisante, le regard extérieur est nécessaire pour avancer sur le chemin de la (sa?) connaissance, on parle de l’oeil de la Sangha.

Dans un monde de voyageurs… Plus l’on se déplace, plus il est difficile de rentrer en contact avec notre intuition profonde ; l’errance demande une vigilance accrue. Le véritable ancrage est à l’intérieur de soi, réhabiter son corps, trouver son axe dans le sol et dans l’espace autour, s’inscrire dans son souffle ; c’est un ancrage physique. Ce n’est pas le monde émotionnel que l’on transhume comme un troupeau (pensez à une petit enfant qui trimballe son doudou, ses peluches, ses jouets, qui en a besoin pour habiter l’Univers). Quant aux émotions, elles sont changeantes, remplies, gonflées de chaos et vides tout à la fois. Les objets, la musique transportable sont extérieurs à soi, ils peuvent très bien ne plus être là (perte, le drame de la batterie) et laisser un vide encore plus grand3.

« Un arbre qui a des racines profondes peut beaucoup bouger »

C’est aussi la question de trouver sa place : prendre sa place, se situer, spatialement et mentalement, dans la société, dans l’Univers. D’où l’intérêt d’arriver en avance, pour pouvoir prendre ses repères, pour embrasser la situation…4

Reconquérir les matins pour mieux vivre sa journée : le réveil est un conflit entre le corps et le mental, une lutte entre l’impératif et le besoin impérieux. La solution de cette dualité se trouve le soir… La quantité du sommeil, et de ce fait le réveil, dépend de la qualité du coucher. C’est apprendre à lâcher prise le soir, à avoir le courage d’abandonner les choses qui ne sont pas essentielles…

 

 

 

1Dans la lignée du bouddhisme vietnamien, celui de la Pleine Conscience, dont Thich Nhat Han est le guide:
http://villagedespruniers.net/index.php
Le miracle de la pleine conscience

2Hypokhâgne pour les intimes, amitiés à Séloua…

3Mon ancrage extérieur passe par les livres. Tant que j’ai un livre dans mon sac, je ne peux pas être complètement perdue ou ennuyée. Résultat je transporte toujours une quantité affolante de bois dans ma besace, car, on ne sait jamais…

4De mademoiselle en avance au lycée, à mademoiselle en retard pendant mes études, je tente de me réapproprier le temps et d’arriver dix minutes avant, pour avoir le temps d’arriver, sans courir, et de m’approprier le contexte

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  1. Merci pour ce beau tableau…

    Je partage ici un petit poème de Thich Nhat Hanh que j’aime particulièrement et que j’ai déja donné à plusieurs personnes que j’aime :

    J’inspire, j’expire,
    Plus profonde, plus douce,
    Je me calme, je relâche,
    Je souris, je suis libre,
    Moment présent, moment merveilleux.

    Que tous aillent en paix et dans le bonheur de la pleine conscience…

  2. Pingback: Arroser ses graines de Bonheur. « Les carnets d'olivia

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