Rome: une apres-midi volée, 22 mars 2011

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Dernière après-midi a Rome, c’et peu dire que je n’ai pas envie de travailler. Je retrouve K pour déjeuner a la FAO, il fait magnifiquement beau pour un mois de mars (suivant mes critères suédois bien évidement) ; la terrasse et la belle vue sont des invitations au grand saut du 8eme étage, tout simplement pour arriver en bas plus rapidement. J’ai fait les yeux doux à K, « alléééé, c’est mon dernier jour et il fait siiii beau… » Il a résisté, fait valoir sa masse de travail et sa bonne conscience, est retourné à son bureau quelques minutes pendant que je lisais le journal au soleil (pas folle la guêpe), puis est revenu en ayant changé d’avis… Rome, le soleil et moi sommes irrésistibles ! Rien que pour une apres-midi, je l’ai kidnappé, nous nous sommes échappés. En piètres fugitifs (quelle euphorie !), nous ne sommes pas allés bien loin, les Thermes de Caracalla nous faisaient des yeux doux au bout de la rue ! En t(h)erme de ruines romaines, ces thermes-ci sont de gros bijoux de brique : isolés de la folie urbaine par un mur de verdure, d’immenses murs se dressent, racontent les formes des différentes pièces dont la principale de la taille d’une piscine olympique – avec piscine ! – ou un prêt d’un millier de romains pouvaient se retrouver.

Outre les rêveries devant les restes de mosaïques, nous avons fait travaillé notre imagination avec les noms des différentes pièces : du lactarium (qui n’est pas lactarium mais c’est comme ca que ma dyslexie l’a lu) au fridigadirum, il y avait matière à raconter des bêtises. Nous avons donc rêvé aux mamelles de généreuses romaines qui nourriraient les fantasmes des baigneurs, ces mêmes romaines pourraient ensuite et enfin se reposer au frigidarium, sorte de gynécée à l’abri des pulsions males. Nous avons déambulés entre les murs, imaginant les plafonds, les sols et murs couverts de mosaïques, le réseau d’eau et d’éclairage… essayant d’amener ces lieux à la vie d’un passé lointain. Puis nous avons profite des jardins recouverts de pâquerettes, respire le soleil et les grands arbres, amoureux et hors du temps.

Nouvelle échappée, des ruines romaines nous allons vers la peinture moderne : Tamara de Lempicka est exposée a Rome et c’est l’occasion rêvée pour découvrir plus en détail les œuvres de cette grande dame de la peinture du XXème siècle. Je prends d’ailleurs le parti de la considérer comme la première femme peintre reconnue internationalement, et ce des l’entre-deux guerres des Années Folles. K et moi sommes saisis par le contraste entre ses œuvres de jeunesses ou elle est visuellement proche des mouvements fauves, ou émane une grande tristesse en peignant des femmes au visage dur, comme de vieilles travesties pleines de dignités, mais aussi une grande sérénité en peignant sa petite fille… Puis la voilà avec des influences tubulistes[*], les formes humaines se font géométriques, les corps ne sont plus chair, les vêtements sont stylisés. A l’apogée de son succès, les portraits de femme aux vêtements flottants, avec les gratte-ciels  de New-York City cubisés à l’arrière plan, sont des gravures de mode avant-l’heure. Tamara avait un sens extraordinaire du cadrage, follement juste et moderne… Puis, comme toute chose qui vient et repars, le succès et les projecteurs se sont éloignés, elle s’est essayée a d’autres styles, et cela lui réussi, des portrait d’hommes africains, des peintures mélancoliques, des femmes au turbans s’inspirant des peintres flamants… Ses portraits perdent le lustre et le brillant du luxe, se sont des gens qui ont une histoire et des douleurs gravés dans leur chair, ils en deviennent encore plus touchant…

Nous sommes sortis ravis de cette expo, ni trop courte ni trop longue, particulièrement bien agencée…

Voici pour finir la peinture préférée de K et une de celle qui m’a particulièrement touchée :


[*] Je vous jure que j’ai appris en histoire de l’art un courant de peinture ou tout devient tube, avec surtout le reflet des surface convexes… Impossible d’en retrouver le nom exact, je n’ai pas mes livres sous la main. Amy, Granpa, Vic… help ?

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  1. Ne penses-tu pas à Marcel GROMAIRE ?
    Il est en effet, assez « tubuliste », comme tu as si joliment inventé cette école.
    Je n’en connais pas de nom spécifique ; elle est dérivée du « cubisme » (sauf qu’il s’agit là de cylindres).

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