Une riviere sur la lune, de Barbara Kingslover

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« Une rivière sur la lune » est le deuxième livre de Barbara Kingslover auquel je reste accrochée, longtemps après avoir tourné la dernière page et refermé la couverture.

« Les yeux dans les arbres » m’avaient emmené au Congo, renvoyé à ma propre expérience de l’Afrique et de la pauvreté, partagée avec K, à nos doutes sur les bienfaits de notre recherche, sauf que chez nous, il n’y avait ni rivière ni foret, ni jardin…

Une fois encore revient le thème du développement à tout prix, le sacrifice humain ultime, et inutile…

Cette fois, le décor est américain ; l’Arizona profond, imprégnée des cultures rurale et indiennes, mais aussi teinté de révolution agronomique au Nicaragua.

La narratrice qui revient dans son village natal, à la faveur du départ de sa sœur presque jumelle pour « sauver le monde » des paysans Nicaraguayens, et de la déchéance de son père touché par la maladie d’Alzheimer. Sur fond de catastrophe écologique, elle plonge dans le passé d’un village qui la réclame et où pourtant elle ne se sent pas chez elle, hantée par un manque de souvenirs et de repères… Le lecteur l’accompagne dans la lecture des lettres de sa sœur qui traverse l’Amérique Centrale pour prêter main forte aux agriculteurs en détresse. L’agronomie, voilà une science vraiment utile, répondant au besoin premier de l’humanité, en mesure d’apporter une vraie différence.

Je me sens proche de cette sœur aventureuse, idéaliste, tout en ne lui arrivant pas a la cheville quant a l’optimisme et la joie de vivre…

Bien sur mon commentaire est biaisée et ne ressemble en rien a un quatrième de couverture… et voici les passages qui m’ont le plus inspirée.

« Je n’espère pas voir la perfection avant de mourir. […] Ce qui vous fait continuer, ce n’est pas une belle destination mais simplement la route sur laquelle on se trouve et que l’on sache conduire. Tu gardes les yeux ouverts, tu vois ce monde condamné dans lequel tu es né, et tu te demandes : « Quelle vie puis-je vivre qui me permettra de respirer librement et d’aimer quelqu’un ou quelque chose sans avoir a m’enfuir en hurlant dans les bois ? » Je ne suis pas montée sur quelque gros rocher dans le but de choisir les champs de coton du Nicaragua. Ce sont les champs de coton qui m’ont choisie » (p258)

« […] Le moins que tu puisses faire dans ta vie c’est de déterminer ce en quoi tu espères. Et le plus que tu puisses faire, c’est de vivre dans cette espérance. Non l’admirer de loin, mais vivre a plein dedans, sous son toit. Ce que je cherche est tellement simple que je ne peux pratiquement pas l’exprimer : l’élémentaire générosité. Assez d’espace pour circuler. La possibilité que es gosses puissent un jour grandir et ne soient ni les destructeurs ni les détruits. C’est à peu près tout. En ce moment même, je vis dans cet espoir, courant le long de son couloir en touchant les murs des deux côtés.

Je ne peux pas te dire a quel point c’est bon de le vivre. Si tu savais. Je voudrai que tu arrêtes de te battre la coulpe en te reprochant d’être égoïste, et que tu le sois réellement. » (p343)

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