Back in town

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De retour à Stockholm, le samedi après-midi appelle pour un tour en centre ville, des cliques et des claques sous le bras, un bouquin à la main, bien déterminée à trouver un café où il ne fera ni trop chaud ni trop froid, qui sera confortable et pas trop bruyant, avec une décoration qui respire, qui m’inspire.

Mais voilà qu’en glissant hors du train, je tombe sur une nuée. Pas de celles qui arrosent les fleurs, mais une marée humaine surprenante pour un mois d’août. Tous les Stockholmois ne sont-ils pas en vacances dans leur cabane au bord d’un lac ? Autour de moi, tout le monde l’est. Mon quartier comme mon bureau sont déserts, la poussière se dépose sur les bouquins et les herbes folles envahissent les jardins. Mais le centre-ville ne s’endort pas au soleil. Je mets cette ruche sur le compte des joyeux touristes venant de Suède et de Navarre… Je les trouve même particulièrement acclimatés puisqu’ils ressemblent trait pour trait au plus typiques des autochtones. Je me fraye un chemin parmi la foule, curieuse, aux aguets. Arrivée sur la grande place de Sergelstorg, des barrières, pas de barricades, mais comme un chemin pour laisser passer, des gens accoudés aux barrières, d’autres massés sur les ponts, au bord des fenêtres, ça y est, j’ai trouvé, c’est… le Tour de France ! J’ai passé trop de temps en vacances et ne suis pas encore acclimatée à mon environnement, je suis toujours surprise que l’on me parle suédois… et ne suis pas surprise de trouver le Tour de France au coin d’une rue… Diantre… Comme je veux d’abord faire trois emplettes, je m’éclipse dans des boutiques, retenant ma curiosité pour ce qui n’est bien évidemment pas le Tour de France. Puis des chars qui s’avancent, une musique à rendre Mozart sourd[a], vu la tenue des chars, ce n’est pas la techno parade… mais la Gay Pride ! Eh voilà ! Je regarde défiler, tout en essayant de me défiler pour continuer ma quête[b]… Je me perds dans la contemplation, la fascination, il a de tristes Sapho, de fières trans, des sado-maso qui le revendiquent et… bienvenue en Suède, les chars des partis politiques, des Iraniens et des kurdes qui ont plus une ambiance de fête de famille que de revendication à caractère sexuel, des chars de l’Église et même des policiers (pas déguisés en sado-maso mais en uniforme) ! Beaucoup de personnes défilent avec des masques, comme pour se cacher tout en s’affichant, les femmes défilent beaucoup plus volontiers en couple que les hommes… Passé l’étonnement, je me demande ce qui se passe dans la tête de chacun, de chacune, de celles et ceux qui défilent parés de leurs plus beaux atours, de ceux qui ont fait le choix de la normalité, de ceux qui regardent, applaudissent, encouragent. Je choisi de garder un tête une image que je n’ai pu matériellement photographier : une jeune femme sur un char, le buste peint de fleurs sublimant sa nudité, dansant en balançant ses cheveux ; elle se sentait belle et sensuelle, elle en devenait belle et sensuelle, magnifique même.

J’ai fini par m’extraire de cette folle foule bruyante et extravertie, je me suis refugiée dans un café à l’atmosphère indienne quelques stations de métro plus loin, juste de quoi me plonger dans mon roman pour ne plus en sortir…


[a] Lui aussi, c’est dire !

[b] qu’il est difficile d’acheter du joli papier pour faire du découpage à Stockholm !

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