Brousse et Bavardages : Des beautes de l’avion et des odeurs du Sahel

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Lundi 19 septembre

Comme pour le calme avant la tempête, je commence mon voyage étonnamment sereine, comme une force tranquille, de celle qui suis ses pas. C’est une forme de méditation, celle de nourrir la sérénité en soi, la confiance en soi, et l’optimisme envers le monde. Face a mes collègues, je reprends un rôle qui m’est finalement familier dans ce genre de situation : celui de la fille qui sourit et qui est joyeuse, et calme à la fois, qui ne fait pas d’histoire mais qui mène surement sa barque. Je goûte le voyage qualité Air France, l’escale à l’aéroport Charles de Gaulle où j’inspire à poumons généreux l’air de la terre de  mes ancêtres. Le processus du voyage comme l’occasion du repos, du sommeil, de la détente, de ne pas gaspiller l’énergie dont j’aurai besoin bientôt.

A Charles De Gaulle, je fais une rafle au kiosque a journaux, c’est avec plaisir que je retrouve Causette, Philosophie magasine, Charlie Hebdo (bizarrement je ne trouve pas le Courrier International, mais ne prends pas le temps de le demander), de quoi m’évader quand le terrain sera trop dense ou éprouvant, ou quand Jane Austen deviendra trop ardue. Et dans l’avion je me délecte très amusant « le Pingouin » de Kourkov (K, ca te plairait beaucoup !) : un roman d’aire post-soviet où un écrivain raté hébergeant un pingouin dépressif se trouve à préparer des chroniques mortuaires qui ont la fâcheuse tendance de signer l’arrêt de mort de ceux qui étaient de bons vivants.

J’aime survoler la France et la Mer Méditerranée, changer de continent en l’espace d’une journée ; survoler les iles Danoises au ras de l’eau, les terres agricoles Françaises, les vagues de la Méditerranée, saisir un aperçu des montagnes de l’ile de Majorque… Le coucher de soleil sur le Sahara offre un parfum d’ailleurs et de rêve depuis mon hublot. Une lumière chaude se reflète sur les nuages, leur donnant une allure sablonneuse aux airs de guimauve. Puis la terre du désert s’obscurcie, s’uniformise en ton violet, reflétant presque la ligne dorée du soleil qui s’étend à l’horizon. La terre s’assombri et le ciel devient violet à son tour, bleu nuit, profond, au dessus de la ligne d’horizon qui se fait orangée. Je replonge un instant dans mes histoires de pingouin et les couleurs du ciel disparaissent, mes yeux s’habituent à l’obscurité nouvelle, les étoiles me sourient. Je suis assise juste derrière l’aile de l’avion, et ses clignotements ponctuent la nuit. Puis surprise, un éclair. L’orage gronde sous les nuages que nous survolons, des jets de lumière explosent entre les masses noires, comme des colères divines, rayonnantes, fulgurantes.

 

Au sortir de l’avion, c’est l’instant tant attendu : la chaleur et l’humidité qui vous prennent d’un seul coup d’un seul, une odeur de bois, peut-être de fumée, d’épices et de chaleur monte instantanément à la tête. Cette sensation ne dure que quelques secondes, puis la chaleur prend possession de nous, vous sonne, vous laisse pantois. L’énergie de la terre bourdonne sous les pieds, c’est un autre monde que celui de Stockholm.

Contrôle des vaccins, la fièvre jaune ne passera pas ! Puis visa, passeport. Tous les bagages arrivent à bon port, nous passons les douanes en un grand sourire, le chauffeur de notre pension nous attend. Tout se déroule rapidement et en douceur, pourtant tout est étrange et nouveau, différent et si facile tout à la fois. Sans même m’en rendre compte j’engage la conversation avec un type qui au final veut me vendre une puce de téléphone portable. En fait, K ne le sait que trop bien, j’aime bavarder de tout et de rien avec de parfaits inconnus. Nous parlons  tranquillement et déjoue son offre sans effort. Comment dire, un sourire, la tranquillité en moi, pas forcement une confiance absolue dans le monde qui m’entoure, mais au moins de l’optimisme.

Je m’amuse de voir 5 porteurs volontaires qui se sont emparés de nos bagages sans contestation possible se disputant nos sacs, de voir les grosses BMW d’occasion récupérer  les nantis que côtoient les petits vendeurs des rues. Je m’amuse de voir les affichent et enseignes aux noms poétiques qui s’ignorent, la route rouge de terre sous mes pas, la sueur qui ruissèle le long de mon dos, 33°C à 20h. Qu’en sera-t-il quand demain le soleil sera au zénith ?

Avant de partir, j’avais la touille, maintenant je suis bien, j’aime être au Burkina ou au  Niger. Pour une fois, pas d’hôtel se voulant chic mais poisseux dans les coins, nous sommes dans une petite pension dans la banlieue de Ouaga tenue par une Suédoise. C’est une excellente surprise : simple et propre, la déco est locale et le jardin vert et fleuri d’un frangipanier, sobre et de bon gout, le service adorable, et les ventilateurs fonctionnent. En moins d’une soirée, je peux déjà recommander « Chez Tess » a tous ceux qui voudraient s’aventurer a Ouagadougou.

 

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