Brousse et Bavardages : le mieux est l’ennemi du bien

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Le  mardi 20 septembre

A trop vouloir s’adapter a la chaleur, on s’éveille au creux de la nuit suffocant, tétanisée par la chaleur, trempée de sueur, ne sachant plus où je suis, empêtrée, prisonnière de la moustiquaire, ne trouvant plus la lumière. Il fait trop chaud et je renonce illico au stoïcisme adaptif débile et branche l’air conditionné. Je respire enfin… Et pour le reste de la nuit, à chaque fois que celui-ci se mettra en marche, je penserai qu’il pleut, goûtant dans un mi- sommeil à la fraicheur de la pluie, celle qui est source de vie, de fleurs et de rivières… pour être désillusionnée au réveil ; il n’y a eu des goûtes bienfaitrices que dans mon imagination ! Heureuses sont certaines perceptions erronées…

Les patronnes partent toute la journée pour des rendez-vous à l’université et à l’INRA. Ce n’est pas du business mais ça y ressemble presque ! H2 (ma collègue et son fiancé) font des aller-retour en ville, changent de l’argent, achètent des puces de téléphone, récupèrent des statistique… Pendant ce temps là, je blogue, supporte la chaleur, et reste au calme. Je ne suis pas encore prête pour la ville et rien ne m’y appelle encore. Je m’installe à l’ombre sous le patio, des chats jouent autour de moi et le personnel s’active (3 pour 6 chambres, sans compter les gardiens !).

Je voudrai bien tenir la chaleur de la journée. Mais à 13h je m’admets vaincue et me replis dans ma chambre avec la clim’. Sieste agitée[1] puis travail. Je dois présenter les résultats d’un an de recherche et mes plans pour les trois années à venir, en quelques minutes. En ouvrant la dernière présentation de ce genre, vieille d’un an, je ne reconnais ni la question de recherche ni les articles prévus. Après une surprise initiale, je me prends au jeu du « qu’est-ce que je vais bien pouvoir dire que je vais faire ces trois prochaines années tout en sachant pertinemment que rien de rien ne se passe jamais comme prévu ? ». Si savoir ce que je fais de ma science vous amuse, c’est ici (en français).

Puis un peu d’action s’installe en fin après-midi. Nous rencontrons en dreadlock man cultivateur de champignons végétarien (lui, pas les champignons) qui se propose de nous assister sur le terrain. Puis nous partons en expédition à la pizzeria du coin. Bien sur les rues de latérite ne sont pas éclairées et nous zigzaguons entre les coulées suspectes venant des courts des maisons. C’est comme une atmosphère de Mayahi, avec le sable et les chèvres (et K) en moins ! A la pizzeria qui fait des croutes italiennes mais qui met du fromages comme les américains, la conversation tourne autours du management des projets de recherche géants, avec des dizaines de partenaires puis des soucis de sante sur le terrain, probables et prévisibles… ce sont eux qui génèrent le plus d’angoisse en moi et ma sérénité en est secouée. J’admets craindre les cafards géants, les parasites et les moustiques, sans être paranoïaque de l’hygiène, tout est à craindre ici, et l’eau si rare peut-être notre pire ennemi, surtout ne pas en avaler une goûte, ni s’en mettre dans les yeux !

Demain nous partons en repérage pour 2 jours, je compte mes deux premières piqures de moustique sans en avoir dézingué un seul. L’aventure commence vraiment !


[1]  Je cours après des avions a Charles De Gaulle et ai tiques géantes dans le cou et maladie bizarre. Comme le premier n’est pas arrivé, le second n’arrivera pas non plus

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Une réponse "

  1. Coucou Olivia! Très intéressant ce phd in process… mais puisque le ppt était apparemment fait pour que tu parles à côté, ça reste peu clair… C’est encore de la géo humaine? Comment arrives-tu à combiner les aspects sociologiques avec la partie très scientifique de ton sujet? Peux-tu nous donner une idée du plan? Ça va être avant tout basé sur une nouvelle analyse d’articles prés existants? Arh je veux tout savoir! Bisous et bon courage!

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