Brousse et Bavardages : le Choix

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Mercredi 21 septembre

Branle-bas de combat matinal pour un départ tardif… Passage obligé à l’INERA pour dire bonjour, passage nécessaire à la banque pour échanger quelques centaines d’euros pour quelques centaines de milliers de CFA, que de liasses dans ma poche ! Départ enfin, 8 chercheurs, 4 suédoises (dont moi), 1 nigérien et 3 burkinabés, deux 4×4, deux chauffeurs, une jolie petite expédition ! Après avoir traversé Ouaga, après être sortis de la ville, roulé pendant vingt minutes, le premier véhicule de notre convoi s’arrête. Par un hasard étrange nous avons embarque une valise qui n’est pas la notre, et son propriétaire nous demande de la rapporter asap a l’INERA. Mon groupe s’arrête sur le bas coté, se gare sous un arbre dans un pâturage, et  nous passons une petite heure  à bavarder en regardant les paysannes s’activer.

Une femme puise l’eau d’un puits d’environ 20 mètres de profondeur à la force des bras. Elle a beau être énergique et paraître efficace, ses innombrables bidons d’eau paraissent mettre une éternité à se remplir. Une femme enceinte jusqu’au terme tire des vaches pour les faire boire. Finalement les autres ont remplis leur mission et nous reprenons la route jusqu’à Ouahigouya, notre futur camp de base. Arrivés en ville nous posons nos sacs a l’hôtel de l’Amitié, qui m’avait laissé une impression particulièrement miteuse lors de mon dernier passage puis allons manger un « riz sauce » roboratif au maquis du coin. Enfin les choses sérieuses commencent. Nous devrions sélectionner les villages pour notre recherche, mais avant de nous lancer a corps perdu dans la brousse, nous sortons les ordinateurs, cartes topo, statistiques et zoomons un coup sur la zone qui nous intéresse pour voir sur quels villages nous jetterons notre dévolu : dans une poche de verdure, pas trop prêt de la route mais tout de même accessible, éloigné des lacs ou des étangs, pas trop petit et pas trop grand non plus, entre 800 et mille habitants… Nous en cherchons cinq avec différents gradients de verdure, autant dire que ce n’est pas gagne car en plus le contact avec la population compte pour beaucoup ! L’apres-midi se passe sur les routes de latérites plus ou moins défoncées, plus ou moins praticables. Nous avons le nez collé à la vitre quand ce n’est pas sur le GPS. Les récoltes ne seront pas fameuses cette année, les têtes de millet sont rabougries et les plans de sorgho pas bien grands. En chemin, nous nous sommes arrêtés pour voir un champ expérimental : les plants de contrôles (ceux cultivés sans technique particulière) ne dépassent pas un mètre de haut tandis que ceux poussant dans des zaï (mini trait de labour qui permet d’entamer la cuirasse qui recouvre la terre) ou dans des demi-lunes (creux en demi lune ou l’eau de pluie se concentre puis s’infiltre et où les plants sont cultivés) atteignent parfois les 4 mètres !

des plants de sorghos

des plants de sorghos

Nous trouvons d’abord un chouette village, bien vert, avec plein d’arbres et avons un bon contact avec le gars qui nous y guide. Oula sera-t-il un de nos points de chute ? Un peu plus loin, les gens sont curieux et intéressés de notre présence, mais non seulement leur couverture boisée se dégrade, mais en plus il nous faudrait un char amphibie pour nous y rendre en saison des pluies. Les sites suivants sont aussi verts que les sites dégradés du Niger (c’est à dire avec trois arbres qui se battent en duel à l’hectares) et les gens sont principalement des éleveurs. En plus il y a une mine d’or juste à côté, ce qui implique arme à feu, violence, drogue, et ce n’est pas le rock&roll que nous cherchons. Enfermes dans notre grosses voitures, je renoue visuellement avec la réalité des modes de vie locaux : le dur labeur des femmes, les enfants qui gardent les troupeaux, les vélos vétustes et les ânes récalcitrants, les bidouillages incessant des moteurs des motos…

Nous rigolons en voyant un âne tirer deux bœufs ligotés sur sa carriole, nous rigolons moins quand nous comprenons qu’ils se dirigent vers l’abattoir. Cela n’empêchera pas notre fine équipe de festoyer de brochettes de bœuf et de frites le soir même

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