Brousse et Bavardage : au travail !

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Samedi 1er octobre 2011

 

Premier jour de recherche pour de vrai de vrai ! Pourtant ce n’était pas gagné : il y a eu un décès dans le village de Reko où nous avions pris rendez-vous pour travailler toute la journée. Respecter un village en deuil, c’est bien normal, t peu pratique pour la recherche tout à la fois. Heureusement les villageois de Boursouma se sont montrés flexibles et nous ont accueillis avec nos questions chiantes. Je teste donc mon enquête de patrimoine et capital ; j’ai besoin de roder les questions et les explications. La première partie sur les sources du capital physique ne passe pas très bien, n’est pas bien comprise, aussi et surtout parce que je ne trouve pas mes mots pour expliquer ma question. Par contre les questions sur le capital financier et la bouffe sont nettement mieux comprises, et cela m’apporte une grande source de satisfaction. J’apprends beaucoup sur les modes de vie, et aussi sur les différences par rapport aux Haoussa du Niger. Ces Mossi là sont nettement moins pauvres. Un exemple ? Ils m’offrent de m’asseoir sur un transat ou une chaise en paille à chaque occasion. Au Niger il n’y avait que des nattes pour s’asseoir, rien d’autre. Et puis ici les gens mangent de la viande et du poisson plus souvent : il y a toujours un peu de poisson séché qui marine dans la sauce. Chose inimaginable a Warzou ou Maissakoni ! Par contre, mon enquête prend beaucoup plus de temps par rapport a ce à quoi je m’attendais : deux heures par ménage si je parle avec Monsieur, puis Madame. Je fais le premier sous le soleil et suis tellement contente de mettre enfin la main à la pâte que je ne souffre pas du soleil de midi. Au bout de deux heures, nous retournons quand même à la voiture pour nous réhydrater et manger un bout. Puis repartons parler à une deuxième famille qui nous attend de pied ferme. Le Monsieur est le notable du quartier et si lui est vieux et pas très rapide, son épouse est très intéressée et très intéressante. Elle est stratégique dans sa classification de ses sources de revenu et évalue très finement le poids relatifs des ventes de petit et gros bétail – on ne vend pas une vache aussi souvent qu’une poule. Cela nous a donné une autre perspective par rapport à notre premier informant qui avait classé la vente de son hypothétique bœuf comme à la moitié de ses revenus, sachant que sa vache venait de mourir en laissant un veau qu’il ne vendrait pas avant plusieurs années. Il était un peu Perette et son pot au lait ce gentil monsieur. Mais c’est l’expérience de l’intervieweur que de pousser les informants à la réflexion pour qu’ils prennent la mesure de leur réponse initiale. Cela va sans dire que en rentrant le soir, je me suis effondrée de sommeil, avec des coups de soleils sur les mains et le bout du nez….

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