Brousse et Bavardages : Savadogo ou Lega ?

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Dimanche 2 octobre

 

Les dimanches ne brousse n’ont pas des allures de dimanche, encore une fois la journée a été dense et c’est bien. C’est bien pour le moral de voir que le travail se lance et avance presque. Nous avons passe la matinée à Boursouma en réunion avec les notables du villages pour choisir la liste des familles qui participeraient a l’exercice d’Elin, et qui travailleraient avec moi par extension. Il faut ménager les susceptibilités, et si Elin voudrait bien ne travailler qu’avec des quartiers centraux, les vieux nous non valoir que ca va créer des scandales si nous laissons de cote des quartiers. Je vais donc me coller des entretiens là bas aussi, prendre deux jours par quartier éloignés, interviewer le notable pour plaire a tout le monde et trois ou quatre ménages dont les profils d’agriculteurs ni trop riches ni trop pauvre et ni trop vieux m’intéressent. L’anecdote qui nous amuse, c’est qu’une moité du village s’appelle Léga et l’autre moitié s’appelle Savadogo, et c’est pareil partout ! Ce n’est pas très pratique pour différencier les gens quand on vient de ‘extérieur… En même temps qu’Elin déploie une patience en or et un savoir-faire impressionnant et que je l’observe pour apprendre, je donne comme mission à a un de nos assistant de collecter des photos d’objets divers et variés qui nous servirons pour faire des petites cartes : poules, bois de chauffe, outils de cuisine, arachide, savon, plant de sorgho, plan de mil, et mille autres choses… Nous restons trois heures a l’ombre d’un grand arbre, mais le soleil tape bien, et être assis a écouter dans de telle conditions est un exercice fatiguant. A une heure nous rembarquons dans la voiture et partons pour le deuxième village de la journée. Pendant les 20 minutes de conduite cahin-caha, nous nous jetons sur le pain et les vaches-qui-rit comme des affamés que nous sommes. Nous enfilons nos maigres sandwich juste attend pour finir de mastiquer a Reko. Là bas l’ambiance n’est pas rose, le village est encore en deuil suite au décès d’une vieille. Nous présentons nos condoléances à la famille et leur laissons un présent de rigueur, puis reprenons le travail. H2 partent avec le chef des terres, les garçons (B et M) testent leurs questionnaires auprès de quelques villages cobayes, pendant que Mawa et moi nous posons à l’ombre d’un grand pour travailler avec un groupe de femme. Notre idée est de les interroger sur les évolutions du paysage et des ressources naturelles en même temps que sur les changements des modes de vie dans un exercice de chronologie. Hélas, aucune n’est originaire du village, elles sont toute mariées ici sans y avoir de racines. L’exercice est donc impossible, nous nous retranchons donc sur une carte mentale du village et de ses ressources. Cela permet de situer la location et l’existence de lieux tels que centre médical, écoles, mosquées,  centre d’alphabétisation, et autres panneaux solaires ( !). De trois dames au début, plus d’une vingtaine sont autour de nous à la fin, ne participant pas forcément mais écoutant attentivement. Une quinzaine d’homme sont aussi présents à quelques mètres en retrait, assis sur des bancs, écoutant aussi et en se retenant tant bien que mal de faire de commentaires et d’émettre des contestations. C’est par la force d’une promesse de faire un autre exercice avec eux qu’ils veulent bien laisser les femmes parler et avoir leurs opinions. Ce sont néanmoins à eux qu’il faut s’adresser pour avoir des informations sur l’accès aux téléphones portables et a la couverture du réseau. Ils nous indiquent l’existence de panneaux solaires –  investissements d’individus pour la communauté, qui permettent de charger les batteries et les téléphones. Quand nous prenons congé de ces dames qui ne prennent pas congé de nous (elles ne partent pas), nous nous adressons à ces messieurs pour faire la chronologie qui me tient à cœur. Quatre d’entre eux participent activement et les autres écoutent, bavardes ou baillent aux corneilles. Nous passons une première demi-heure- difficile à essayer de faire évaluer l’évolution de la pluviométrie en terme de décennie, mais une fois revenus de la prière de 16h – village musulman oblige – tout s’éclaire. Allah est Grand et ils comprennent tout a coup le mode de pensée de l’exercice et s’amusent beaucoup  à évaluer les changements en terme d’arbres, de petit bétail, de gros bétail, de récolte… ils se concertent pour repartir les petits cailloux dans les cercles des décennies, et ne veulent bien nous expliquer leur choix que quand ils ont fini de se concerter et de tout remplir. J’apprends donc que le gros bétail est arrivé dans deuxième moitie des années 80  grâce aux revenus des migrants de Cote d’Ivoire ou des bénéfices de l’orpaillage, que le petit bétail de moutons et de chèvres est une activité traditionnelle qui a failli disparaître dû aux vols incessants (les Peuls prennent cher en accusations). C’et depuis les années 1990 que les fermiers se sont organisés pour garder le petit bétail et que les points d’eau ont augmenté que le petit bétail a pris un place grandissante dans leur activités.

De retour a la maison nous sommes tous sur les rotules. Nous nous offrons une boisson américaine sur le chemin du retour, et je m’effondre sur une natte a l’ombre dans notre cour. Je n’y reste pas longtemps au risque de m’endormir. Après une douche pour me decrasser et me rafraichir, je me remets au boulot. Et puis finalement, je me sens dimanche car j’ai le plaisir d’avoir Papa et Maman et l’Asticot au téléphone pendant 30 merveilleuses minutes, puis K arrive enfin à m’appeler. C’est le bonheur, je me sens aimée et entourée ! Je fini la journée en écoutant Mawa qui me raconte les différentes cultures su Burkina Faso, et une nouvelle question de recherche voit le jour : quel est le rôle des femmes dans le reverdissement, puisque leur mari leur laissent les champs dégradés qu’ils récupèrent une fois qu’elle en ont restore la fertilité ? Affaire à suivre…

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