Brousse et Bavardages : Correlations

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Lundi 3 septembre 2011

Ca y est, c’est clair : il y a  une corrélation complexe entre la température extérieure et mon moral et ma santé puisque quand je déprime parce qu’il fait chaud je suis malade et vice-et-versa mais que quand je travaille en me m’arrêtant surtout pas ca va beaucoup mieux.

Donc ce matin, a part au moment ou je faisais yoga puis méditation, je ne me sentais vraiment pas bien et avais le moral dans les chaussettes. Vertiges, nausée, je me suis réveillée en ayant aussi chaud que lorsque je me suis endormie, et ce n’était pas du tout agréable.

J’ai passe la matinée avec Elin à Boursouma ; elle lançait son jeu pour la première fois et j’en faisais le reportage photo, le coup de main et l’observation. Je n’ai pas été active ce matin, et me sentais mourante. Pourtant le jeu se déroulait plutôt bien, comme c’était le rodage c’était un peu lent. Nous avions demande aux couples de venir ensemble, mais ici, comme ils disent, les couples ne se retrouve que le soir dans le lit. Sinon, le reste de la journée ils ne sont jamais ensemble et ne se parlent même pas. Nous avions donc les femmes et des bébés d’un coté de la salle, et les hommes de l’autres, impossible de savoir qui allait avec qui. Même quand les ménages ont été divisés en deux groupes, et que nous avons demandé aux épouses de rejoindre le groupe de leur mari, elle ne sont pas allé vers leur mari, mais sont restées dans leur coin. Pour la participation mixe au jeu c’était raté : il n’y a que les hommes qui étaient autour de la table de jeu a participer, négocier, jouer et leur femmes restaient à bavarder dans leur coin… Bon, c’était intéressant, mais long et un peu laborieux. La chaleur se faisait de plus en plus dense dans la salle de classe, les chauves-souris au plafond commençaient même à s’agiter. Une m’est tombée dans la main quand je parlais avec un monsieur, c’est peu dire que je n’avais jamais vu une chauve-souris de si prêt !

En route pour le village de Reko à 13h pendant que Elin commence un autre exercice a Boursouma, je me sentais terriblement mal. Au bord des larmes tant j’étais en souffrance. J’ai pris le parti de prendre un de ces fameux comprimés qui restent dans mon portefeuille, avec l’espoir d’aller mieux. J’avais complètement oublié la pommade magique de la fée… Mais bon, j’ai du boulot à abattre et comme je me sens mal a peu prêt en permanence quand je suis ici, cela ne sert rien de me porter pâle… Donc en route pour Reko ! Nous allons saluer le chef traditionnel en compagnie du très intelligent Conseiller du Développement Villageois (M. le CVD). Nous sommes reçus avec tous les honneurs, les gens de ce village sont vraiment très réceptifs a notre travail. Et quand je parle de tous les honneurs, nous repartons avec un coq blanc, symbole de pureté. Ce coq baptisé par mes soins « Chef Reko » est notre nouveau compère, j’espère qu’il ne fera pas l’appel à la prière trop tôt le matin, ni que les collègues le transforment en brochettes ! Je commence à aller mieux et la tempête de douleur et de désespoir se calme dans ma tette. Les médicaments y sont pour quelque chose, et l’énergie positive de l’accueil chaleureux et du cadeau aussi. Je retrouve mon groupe de travail de la veille, visiblement contents de me voir. Cette fois ci il y avait table et banc pour faire notre exercice et je dois bien admettre que c’était bien plus confortable. Nous avons parle des plantes cultives et de la fertilité du sol ; les techniques de conservation du sol et de l’eau de pluie font une vrai différence pour eux, permet un rendement intéressant, mais ne restore pas pour autant la fertilité des sols. Nous avons aussi parlé des ressources des arbres qui ne sont pas le bois ou l’écorce, donc les fruits – entre autres, cela pourrait être les racines ou les feuilles – du karité et du néré (dont je vous épargne les noms scientifiques). En l’occurrence le premier arbre est malade à cause d’un parasite et le deuxième disparaît progressivement depuis le milieu des années 1980, sans qu’on le coupe ou qu’on abuse de ses ressources… Puis nous avons parlé des aspects sociaux du village : l’évolution de la population, comprenant les migrations, puis les sources de revenus, puis la gestion des crises alimentaires. Ici, les premières activités sont l’agriculture, l’élevage – qui prend une proportion de plus en plus importante dans la vie des gens- le commerce – traditionnel de produits naturel jusqu’au commerce des produits « de blancs » (pain, lait, agro-alimentaire de farine de blé, les téléphones portables et autres produits manufacturés, et emballés). Le dernier aspect est l’orpaillage, a la source de toutes les améliorations du bien être : c’est l’or qui a permis de capitaliser sur le bétail, qui permet d’acheter des céréales en temps de crise, de financer le commerce. Mais quelques que soit les diverses activités de ménages, tout revient toujours à l’agriculture, tout est toujours réinvesti dans l’agriculture. Mon plus grand bonheur, outre d’avoir appris beaucoup, c’est que les participants m’aient chaleureusement remercié parce que grâce à cet exercice, ils ont eu une nouvelle perspective sur leur histoire et leur mode de vie, sur l’agriculture, ils ont appris quelque chose a leur propre sujet… C’était donc un beau moment de recherche, un moment de magie où tout le monde se fait plaisir, apprend et réfléchi ensemble.

En rentrant à la maison nous sommes tous plus crevés les uns que les autres : H2 marchent pendant des kilomètres et des kilomètres autours des villages pour en étudier le paysage et les espèces végétales, Elin est littéralement vidée de toute énergie, épuisée, K.O. Pour ma part, je suis certes fatiguée car ces exercices demandent beaucoup d’efforts, et je suis tout à la fois rechargée d’énergie, par la satisfaction du travail accompli et bien fait qui plus est ! Donc c’est moi qui me colle a la cuisine ce soir : comme je ne me sens pas une âme de chef, j’ouvre une boite de conserve de petit-pois famille nombreuse, riz, épices…et basta. Il s’agit surtout de s’alimenter, le plaisir gustatif n’est pas vraiment là ces jours ci. Les carnivores dégusteront un reste de poulet, les herbivores du maïs grillé, et j’espère que tout le monde sera content ! A posteriori, ma recette personnelle de riz n’a pas enchanté mes amis burkinabés, mais moi j’étais bien contente.

J’aimerai bien qu’il pleuve cette nuit et que l’air soit frais demain matin…

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