Brousse et Bavardages : salamalecs et génuflexions

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Jeudi 6 octobre 2011

Voyage le matin à Kaya. Parce que la voiture était archi blindée la veille, nous avions voulu nous alléger pour ce voyage, en demandant à nos interprètes d’arriver un peu plus tard pour le week-end. En vain, ils ont voulu faire du zèle et venir aux présentations. Heureusement cette fois nous avions deux voitures, car  un chercheur de l’ INERA nous accompagnait pour mieux nous introduire aux autorités locales. Nous avons donc salué le service de l’environnement, puis de l’élevage, nous avons rendu visite à messieurs les gendarmes qui nous ont assuré une sécurité absolue. Nous étions guides dans nos démarches par un monsieur d’Assembus, association d’amitié burkinabè-suédoise. Ce gentil monsieur n’avait jamais mis les pieds en Suède mais nous ouvert bien des portes !

Nous avons quelques difficultés pour déjeuner, mais pour une fois n’étions pas pressés : ici, quand on va dans un maquis, on commande d’abord les boissons à une première personne qui oublie toujours d’apporter quelque chose, puis on commande la nourriture a la représentante de la cuisine. Puis pareil la serveuse ne vient jamais avec un calepin mais ne retient jamais tout correctement non plus. Donc, comme d’habitude, après nous avoir promis-jure-craché que la nourriture était prête et arriverai dans 5 minutes, 45 minutes après nous attendions toujours. Et lorsque la bouffe est enfin arrivée, i manquait la moitie des plats et nous avons eu quelques surprises : en commandant des petits pois ou des haricots verts, nous attendions ces légumes, et peut être une sauce aux oignons ou au piments… pas des morceaux de viande ! Les Burkinabès m’ont l’air plus carnivores que les Nigériens, et ils ne peuvent s’empêcher de mettre de la barbaque dans tous les plats, même les plus anodins. Même en demandant, en avance, l’expérience prouve qu’on est jamais bien sur de ce qui va nous arriver sous a dent !

Nous avons poursuivit notre tour d’amabilités au village de Lebda. Je m’attendais un jour à rencontrer un chef traditionnel vraiment traditionnel, avec tous les salamalecs et génuflexions, et je fus surprise le jour ou cela m’est arrivé ! Dès l’arrivée aux abords du village, nous avons été accueillis par un panneau qui indiquait – je transcris suivant des souvenirs imprécis et romancés – « maison du très vénérable chef du village de Lebda ». Nous sommes rentrés dans une cour nickel chrome, propre comme on n’a pas souvent, une voiture de garée, snif snof, snouf, ça sent le riche ici ! Le chef nous attendait dans son fauteuil presque royal, les gens qui arrivent a lui mettent genoux à terre, coudes à terre, poings à terre, baissent la tête et le regard, mais pouces levés. Je n’ai jamais vu saluer comme ça de ma vie. Sa « cour » comme il le dit lui même, est assise par terre à ses pieds. Il nous reçoit avec des grands mots et des grands gestes. Cet homme est loin d’être le dernier des idiots, il est chirurgien de profession et opère à Ouaga. De ce qu’il nous dit, il est proche du pouvoir, bon copain avec Blaise, ce qui lui permet de doter son petit villages d’infrastructures exceptionnelles : centre médical et maternité, lycée, centre d’alphabétisation, et j’en oublie surement. Il a un air et une attitude de patriarche, paternaliste, c’en est presque amusant. Il nous offre de rencontrer la population dimanche matin pour leur présenter notre travail de recherche. Dans la salle, il y a un vieux à moitié aveugle qui arrive, touche terre et nous voit, il est surpris. Quand il entend la teneur de notre visite, il demande très très humblement, mais avec grande motivation, si les projets qui viennent jusqu’à Lebda viennent jusqu’à son village non loin. Je suppose que M. le Chef de Lebda accapare toute l’aide au développement du district !

Elin et les collègues repartent à Ouaga, avec H2, l’assistant M et notre chauffeur, nous restons en petit comité dans la maison vide de Kaya. Nous dinons dans un maquis local, je tente le riz “sauce feuille” (de baobab) et trouve surtout que ca crises sous la dent. Les africains aiment les gouts amers, et ce n’est pas trop mon cas.

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