Brousse et Bavardages : introductions tres formelles

Par défaut

vendredi 7 octobre 2011

Comme hier Elin est reparti à Ouaga travailler au calme quelques jours, H et moi reprenons les rênes du projet et allons porter la bonne parole, pardon, présenter le projet dans deux villages. Nous arrivons en avance au premier, Koalma, et en profitons pour poursuivre un peu vers le petit village de Zarin Mossi, plus loin dans la brousse. Quand je dis dans la brousse, c’est à dire peu ou pas accessible en voiture, sur les chemins de charrette, entre les champs. Un peu d’aventure, passera ou passera pas ? Nous nous arrêtons dans la première cour que nous trouvons, le bonhomme se souvient de nous et nous emmène à travers brousse chez le chef de village, celui-ci nous accueille très gentiment et nous prenons rendez-vous pour le lendemain. Avant de repartir il nous signale qu’il existe un chemin bien plus praticable que notre non-chemin pour repartir sur Koalma. Ils sont beaux les explorateurs qui sont passés par n’importe où et sont rentrés par la fenêtre au lieu de passer par la porte comme tout le monde. Néanmoins nous nous perdons joyeusement sur la latérite, tous les arbres se ressemblent et notre chauffeur qui a un GPS dans le cerveau ne sait plus vraiment les directions. Nous arrivons donc en retard a notre rendez-vous avec les villageois de Koalma, qui pourtant nous attendent avec patience. Hommes et femmes sont réunis en rectangle sous un préau, assis sur des bancs ou des chaises suivant leur rang dans la société. Est-ce une évidence que toutes les dames présentes étaient sur les bancs et les hommes sur des chaises ? En tant qu’hôtes d’honneur nous avions des chaises, nous sommes blanches avant d’être femmes. H et moi avons mené rondement notre présentation, que H a brillamment traduite. Nous avons encore une fois reçu un accueil très chaleureux, comme si ici un accueil qui ne soit pas chaleureux n’existait pas. Nous faisons notre petit effet en racontant que nous avons choisi leur village en regardant les images de satellites. Les gens ont toujours des yeux comme des billes quand H raconte ce que c’est qu’un satellite, et que des photos ont été prises de leur village, oui, oui de leur village. En me mettant a leur place le contraste est grand ils n’ont ni route ni eau courante, mais les supers technologies de blancs leur permet d’être vus depuis l’espace !

Rentrés à la maison nous avons acheté balais et brosses, détergent et liquide vaisselle pour faire un sort au ménage de cette maison. Elle nous a été laissée pas lavée, pas franchement propre – mais sans cafard, donc je ne me plains pas. Ah tien, je n’ai pas encore croisé de cafard au Burkina ! Vu le traumatisme que je me suis payé au Niger, je suis vraiment contente d’être épargnée au ici…

Le deuxième village de la journée a été nettement plus éprouvant. Nakombogo est très loin et le soleil tape très dur aujourd’hui, tout le monde espère la pluie pour le soir… A Nakombogo, l’accueil n’est pas faramineux. Une vingtaine d’hommes rassemblés prêts des ateliers de forge, aucune femme. Et puis la vérité sort, ici, la dégradation des ressources naturelles est particulièrement rude, affolante ; le mot de « peur » passe le seuil des bouches, ils ne comprennent pas ce qui se passe, et expriment leur désespoir face à la saison qui ne veut rien entendre du chant de la pluie. Cette détresse est insupportable, surtout quand on a pas le pouvoir de faire venir la pluie, ou de contribuer matériellement au développement. Le soutien moral c’est bien joli, mais cela n’a pas beaucoup d’application pratique.

Pour contrer la tristesse qui s’est insinuée en nous après cette triste visite, nous passons une soirée tranquille tranquille, arrosée de thé à la malienne, avec une petite musique d’ambiance des quatre coins du globe, tranquille… la relaxation, le bonheur, tout simple… franchement, ça fait du bien, ça recharge les batteries et permet de cultiver sa joie… Nous partons diner dans un maquis local ; pendant que les autres prennent des poissons d’eau douce grillés, je me délecte d’aloco (bananes cuites) et d’atchembé (couscous de manioc), la nuit est douce et la température agréable à souhait, on se laisse vivre, je suis rêveuse. En rentrant, je n’ai pas l’esprit au sommeil et me laisser inspirer par de la poésie en prose, sans queue ni tête, mais qui me plait bien…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s