Brousse et Bavardages : fatigue anticipee

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Lundi 10 octobre 2011

Grosse journée de labeur, dès le matin, tu sais que, le soir, tu vas bien dormir. Le premier rendez-vous est avec le secrétaire général du conseil de développement villageois du village de Koalma a 8h, il nous fourni la liste des ménages du village par quartiers. Il y a donc 182 ménages, repartis en 6 quartiers, et nous lui demandons de nous aider un certain nombre de ménage dans chaque quartier, avec la caractéristique qu’ils vivent principalement de l’agriculture, qu’il ne soit ni trop riches ni trop pauvre, et surtout qu’ils soient encore dans la force de l’âge. Je ne suis pas dupe et sais bien que comme partout on va me présenter aux vieux respectables qui sont très gentils et très intéressant (ou pas) mais qui n’ont pas le profil que je recherche. Pendant ce rendez-vous, notre chauffeur amenait le reste de l’équipe  à Lebda et pour revenir nous chercher après. Nous avons patienté à l’ombre pendant une bonne heure, faisant le point sur la recherche et les méthodes, je lis un livre sur l’agriculture intensive dans le cadre des structures familiales et… nous serons des mains. Ici c’est facile pour se prendre la Reine d’Angleterre : on fait coucou aux enfants par la vitre de la voiture, et dès qu’on sort de la voiture, presque chaque personne qu’on croise vient nous serrer la pince. Surtout ne pas penser à tous les germes échangés au cours d’une journée… surtout quand on a une entaille au creux de la paume qui ne fait pas vraiment du zèle pour cicatriser. Nous regardons un camion qui se charge avant de partir en direction de Ouaga : les sacs de céréales d’abord, sur les sac de céréales, les gens, hommes, femmes et quelques enfants, accrochés derrière, il y a les vélos, bancs et motos, entre les gens des moutons vivants saucissonnés par des liens. Avant même que le camion parte on voit que les gens ont tendance à glisser des sacs, bien qu’ils aient l’habiude, cela ne présage rien de bon.

Nous avons reçu un accueil magistral a Zarin Mossi, à la place de 5 participants pour mon atelier, une vingtaine de messieurs tous très motivés nous attendaient à l’école. On ne gère pas 5 personnes comme 20 qui se passionnent, surtout quand on ne parle pas la même langue, et que chaque question suscite des débats enflammés. Mon interprète Mawa a du mal a suivre et a traduire a la fois, a un moment donne je mets le holà : je suis ici pour comprendre ce qui se passe dans leur village, et s’ils parlent tous en même temps, ni Mawa ni moi ne comprenons plus rien, donc ma présence ne sert plus a rien, cela n’enlève pas le cœur au débats, mais permet de le ralentir juste assez pour me permettre de comprendre les tenants et les aboutissants de chaque question. Une anecdote amusante est que le chef est présent et je lui offre à un moment de répondre à une question. Il   offre une réponse mais ses gens ne sont pas d’accord avec lui : ils le lui disent avec tout le respect et la diplomatie et le respect du à son rang. Cette anecdote me plait bien car cela ne serait pas arrivé dans tous les villages, cela montre que le chef est assez intelligent pour recevoir une contradiction, et que l’ambiance au village est plutôt calme, sinon cela n’aurait pas pu avoir lieu. Nous finissons l’atelier, ils sont très enthousiastes, je suis littéralement vidée de toute énergie, j’ai scrupuleusement suivit les conseils d’Elin, et cela marche bien, mais au prix de mon épuisement ! Avant de partir, nous offrons des noix de cola, dont les vieux raffolent ici, et en échange nous recevons deux coqs que je baptise aussitôt Zarin et Mossi  (du nom du village). Je crois que je n’arriverai pas à sauver ces derniers de la casserole…

Du village de Zarin Mossi à Lebda, il y a une heure de route par la piste. On met autant de temps a rentrer a Ouaga par la grand route. Je m’effondre comme une loque dans la voiture et dors comme une masse jusqu’à ce que la voiture s’arrête, ne sachant pus trop dans quel village je me trouve. Nous sommes juste à l’heure mais les gens sont en retard, c’est ce dont j’ai besoin pour retrouver mes esprits et remettre de l’ordre dans mes pensées. Cette fois nous avons à faire à un tout petit groupe de personnes, dont le bras droit du très imposant et très protocolaire chef de village. Celui-ci a l’esprit très vif et comprend en un rien de temps la teneur de l’exercice. Quand d’autres vieux nous rejoignent je lui laisse leur expliquer ce qu’il fait comme s’il avait lui même créé la question de recherche ! Cette fois ci tout est rondement mené. Monsieur le bras droit a tendance à accaparer les réponses, mais qu’importe, il dit des choses intéressantes. Comme cela va bien vite, je me permet d’approfondir quelques questions : demander des détails, des anecdotes pour mieux comprendre, et cela est très bénéfique car jour après jour j’ai l’impression de mieux comprendre ces communautés, leur histoire et leur mode de vie. A la fin de l’atelier, nous échangeons nos noix de cola avec des noix arachides fraichement récoltées, je n’en avais jamais mangé de crues et le goût est bizarre.

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