Brousse et Bavardages : histoires de coqs

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mardi 11 octobre 2011

Les gens de Zarin Mossi prennent la fâcheuse habitude de mon pomper toute mon énergie et de me laisser exsangue a la fin de l’atelier. Je suis revenue aujourd’hui avec des questions sur le bétail, sur les ressources non ligneuses, sur la démographie, sur les sources de revenus… pendant trois heures d’affilées, nous avons encore parlé, ils ont débattus, discuté, sans me laisser en placer une. Un jeune homme a été un grand allié en faisant le silence à ma place, je me sentais devenir maitresse d’école en devenir, mais faire preuve d’autorité sur un chef de villages et des vieux respectables, ce n’est pas ma tasse de thé, ni mon habitude. En tout cas je suis sortie de là sur les rotules…

Nous avons garé la voiture sous un arbre aux environs de Koalma, pour manger un bout et siester beaucoup. A 14h nous avons remis les exercices de chronologie humaine-environnementale avec les gens de Koalma. Ils étaient la crème de la crème, le gratin des conseilles du maire, du comite de développement villageois, ils étaient 6 et il comprenaient vite. J’en ai profité pour faire évoluer mon protocole de recherche pour avoir des réponses plus subtiles. Si vous voulez savoir, je demande de classer les décennies depuis les années 1960 jusqu’à aujourd’hui en terme de pluie, de récolte, de grands et petits arbres, etcetera. Au départ ils avaient le choix entre mettre de 6 a 1 bille pour marquer la décennie la plus productive à la moins productive. Souvent cela donnait un résultat affreusement linéaire de dégradation totale des récoltes ou de la pluie, et une augmentation tout aussi linéaire des populations. En offrant à la place 20 billes pour classifier les cinq décennies, le résultat était beaucoup plus subtile et les tendances plus mitigées. Etait-ce parce que j’avais à faire à des gens plus rompus à ce genre d’exercice ou bien est-ce que la méthode est meilleure ? C’est en reposant les mêmes questions de la même manière à un public différent que j’en saurai plus. En tout cas tous ces messieurs de Koalma m’ont redonné l’énergie dont les gens de Zarin Mossi m’avaient vidée. Ils nous ont gratifié d’un coq, encore un ! Je n’ai jamais reçu autant de coq de ma vie ! J’ai osé demander la destination du coq et leur réponse fut aussi franche que directe : à la soupe ! En rentrant à la maison, quand je bossais dans ma chambre j’ai entendu les cris de deux coqs qu’on égorgeait. Le coq Zarin avait retrouvé sa liberté pendant notre absence de la journée et a donc échappé au fil du couteau… Je n’ai pas du tout aimé entendre les cris et voir les bêtes déplumées, et m’abstiendrai volontiers d’en faire mon repas du soir. Libre aux autres, merci non pour moi ! Mais comme c’est le dernier soir d’Elin en notre compagnie, un festin est de mise, et les Brakina (bières locales) sont de rigueur !

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