Brousse et Bavardages : j’ai touché le fond

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Les 15, 16 et 17 octobre 2011,

 J’ai touché le fond, je me suis effondrée réduite en cendre, écrasée, j’ai voulu m’évanouir, j’ai voulu disparaître. M’évaporer, ne plus penser, ne plus être la, ne plus être nulle part.

Il ne m’était jamais arrivé de m’effondrer de la sorte pendant un voyage. Je n’ai jamais eu le besoin intrangisant de tout plaquer et de rentrer chez moi là tout de suite maintenant, de rejeter jusqu’à l’air que je respire, comme une greffe qui ne prend pas et qui vous intoxique, qui vous tue.

Je déteste me voir aussi mal, me voir m’effondrer au lieu d’aller mieux, je déteste lutter a chaque minute quand je continue de me voir tomber. J’appelle a l’aide mon K et mes parents, leur présence téléphonique me ravive, leur amour inconditionnel m’aide mais je retombe facilement après avoir raccroché.

Quand je bosse ca va un peu mieux. Comme je touche le fond le matin, le premier entretien est toujours catastrophique, j’ai envie d’étrangler mes informants quand ils ne veulent pas comprendre ce que je m’évertue d’expliquer. J’ai envie de torpiller poules, coq, chèvres, moutons et surtout les ânes qui font un boucan d’enfer de 4h du matin jusqu’à la nuit tombée… Mais quand les femmes commencent à ce plaindre de leur mode de vie pourri –  elles sont des esclaves domestiques, un peu mieux traitées que les ânes – j’ai envie de leur dire de s’en prendre à leur poivrot de mari qui s’offrent des motos mais qui ne leur donne pas de vélo ou de téléphone portable, ni ne panneau solaire, qui passent la journée au troquet du coin à siroter du dolo (alcool de sorgho rouge) ou de pastis (si si si) pendant qu’elles font la récolte. En fait ce cher Conseillé en Développement Rural qui est si gentil et si prévenant s’en met plein des fouilles en alcoolisant la population rurale : il est patron du bistrot il vend autant qu’il consomme. Ce n’est pas en tenant les hommes en piliers de bar que son village va se développer ! L’avantage avec les Musulmans, c’est qu’ils ne boivent pas, je ne sais pas s’ils traitent mieux leur(s) femme(s) mais au moins ils ne fouettent pas le Ricard a 10h du matin ! Pour en rajouter une couche, j’ai aussi envie de dire aux femmes d’arrêter d’élire des dirigeants politiques aussi odieux ; Blaise Compaoré a construit une ville nouvelle à Ouaga pour loger les riches dans de spacieuses villas et leur épargner la vue de la pauvreté environnante. Avec cet argent là il aurait facilement pu finir de goudronner les routes du pays ou mettre l’électricité dans les villages… A présent il se remet en campagne et achète les chefs de village traditionnel, les met dans sa poche pour qu’ils donnent des consignes de vote que ces illettrés de villageois s’empresseront de suivre à la lettre. Les bonimenteurs à ambition électorale me font friser les orteils, me filent des pulsions de violence.

Bref, il y a de jours où rien ne va plus, où tu ne sais plus trop si ça ira mieux demain, si tu vas pouvoir tenir un mois plein comme ça.

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