Brousse et Bavardages : refaire surface

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Mardi 18 octobre 2011

 Et puis il y a un matin où malgré une nuit archi pourrie tu te réveilles avec le sourire. Un matin où ca va. Tu ne sais pas pourquoi mais tu prends les choses sans te laisser toucher. Tu es tranquille et sereine. Tu poses un regard neutre sur le monde. Tant mieux. Heureusement.

Bon, je quitte les poivrots de Koalma pour aller à Lebda. Je planifie de parler à six ménages par jour, repartis dans deux quartiers. Fastoche. Sauf que la notion des distances est très américaine dans ce village. « C’est tout prêt d’ici » nous offre 30 minutes de marche sous un caniar qui ne nous épargne pas. Le plus proche voisin se trouve à 10 ou 15 belles minutes. Voilà de quoi saboter un emploi du temps qui était pourtant et justement flexible. Tous les entretiens se passent bien. Je m’amuse de voir les chevreaux cabrioler autour de nous et les ânes tout comme les coqs sont vraiment très bruyants et très cons, mais c’est dans leur nature je suppose… La dernière famille laquelle nous parlons nous offre un chouette spectacle. Monsieur a 65 ans, sa première épouse 35 et sa seconde épouse 29. Il y a peu être une vieille épouse quelque part mais je ne lui ai pas parlé. Avec nous une belle jeune fille avec un nourrisson d’un mois, des gamins entre 1 et 6 ans qui sont curieux comme des pies tout en étant pendus au sein de leur mère, une vieille sourde qui veut absolument faire entendre sa voix et participer au débat. La première épouse, ou la seconde, ou peu importe, arrive peu après, avec 2 ou 3 gamins, âne, charrette, récolte et bois de chauffe, des moutons et leur petits accrochés derrières. Elle est très intéressée et se joint à nous. Puis la voisine arrive, elle rentre du marché à vélo et a acheté une sorte de brillant à lèvre qu’elle partage avec les jeunes femmes et que la vieille essaye de chiper. Nous étions passé chez la voisine quelques minutes avant, mais son mari était parti pour Kaya pendant au moins une journée. Je dois admettre qu’il y a beaucoup d’animation dans cette cour et j’ai du mal à me concentrer. Mais l’ambiance est tellement chaleureuse et bienveillante que je ne me lasse pas de les regarder m’observer ! D’habitude je demande aux gens curieux de partir, mais comme ils sont tous de la famille, je ne peux pas vraiment faire jouer la confidentialité des informations. Je donne à la fin de l’entretien la fin d’un paquet de gâteaux et des petites douceurs au sésame aux enfants, ce sont de petits présents qui ont succès fou. Ils essayent de me refiler une petite pour que je l’emmène en Europe avec moi, j’esquive tant bien que mal tout en sachant bien que ces questions sont une forme de jeu, une prise de contact. Nous finissons  remerciements et aux revoir juste a temps pour rejoindre les collègues a la voiture. Le boulot de 8h a 17h est passe comme une flèche. En rentrant c’est une saine fatigue qui me prend, pour une fois je me fais un thé malgré la chaleur, je suis allongée en essayant de regarder les étoiles (je suis bigleuse c’est un désastre, je vois  seulement les étoiles que je ne regarde pas, c’est à n’y rien comprendre !), je suis détendue et satisfaite de mon existence. La vie est belle…

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