Et un coup de genou ! Et deux doigts dans les yeux !

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Cette semaine d’entraînement du krav-maga fut nettement moins dramatique que la précédente. Bien qu’il y ait encore l’attrait de la nouveauté, je commence à prendre mes marques à m’y sentir plus à l’aise. Enfin, ce ne sont que des mots, car chaque séance d’entraînement porte en elle un possible traumatisme.

Le K pourrait en témoigner, il ne faisait pas le fier lorsque lundi nous avons appris à nous envoyer mutuellement des coups de genoux stratégiquement placés… Les coquilles ont beau être bien en place, un coup de genoux énergique ne laisse pas… indifférent ! Et moi non plus d’ailleurs : il y a un os pubien qui fait mal quand on cogne dedans…

L’esquisse de la situation donne un genre de « tu m’attaques, je me protège en de rentrant dedans, je t’attrape au visage, de colle des coups de genoux dans le bas-ventre jusqu’à ce que tu tombes, quand tu es tombé à genoux, j’achève le travail avec un dernier coup de genoux pour de péter le nez et je me casse en courant » ! La violence de l’action est à la hauteur de la violence des mots. C’est encore surprenant de se dire qu’on a appris à mettre quelqu’un à plat, hors jeux… De manière réaliste et particulièrement efficace. On ne fait pas dans la dentelle et à la fois je me sais (presque) capable de reproduire de tels mouvements si l’urgence s’y prête.

C’est moi qui ai eu le plus de mal avec la fin de la dernière session : à une contre deux hommes, même pas grands, je ne fais pas le poids : j’ai littéralement volé, glissé sur plusieurs mètres et mes lunettes ont volé autant que moi. Je me suis relevée plusieurs fois et suis repartie à la charge. Un instructeur avait récupéré les (vieilles) lunettes et je me suis de nouveau jetée dans la mêlée. Cette dernière constituait en ma « victime » que j’assaillais à coups de mandales (voir le poste précédant) tandis qu’un autre  s’échinait à me déstabiliser, à me faire tomber. J’ai perdu mon souffle quand je me suis pris sa masse dans l’estomac, et me suis littéralement retrouvée sur le carreau. Marat m’a dit avoir vu la scène, et avoir pris une grosse mandale parce que il s’était déconcentré en me regardant voler et choir et rester au sol quelques secondes. La règle est de se relever immédiatement dès que l’on tombe, si on ne se relève pas, c’est que cela ne va pas. L’instructeur me surveillait coin de l’œil et est venu… j’ai repris mon souffle quelques secondes, et nous avons échangé les rôles. Sauf qu’à être le troisième attaquant, j’étais encore secouée, et était franchement faiblarde dans mon rôle d’élément perturbateur du donneur de mandale. Mais pas de larmes ou de gros stress post-traumatique, nous en sommes une nouvelle fois ressortis le sourire aux lèvres !

Hier, nous avons abordé du combat au sol, et j’étais très contente d’être pieds nus sur les tapis ! Après avoir expérimenté les techniques pour se dégager d’un adversaire assis sur nous, nous sommes passés à la vitesse supérieure. Être au sol avec quelqu’un qui vous étrangle (qui fait plus ou moins mine de… nous sommes ici dans un monde de brutes) et il s’agit encore une fois de renverser la situation pour le mettre K.O. Cette fois ci, les doigts dans les yeux sont de rigueur pour parvenir à se dégager… S’il n’est pas facile de se défendre, car se sont des réflexes et des mouvements à intégrer, c’est dur pour les nerfs d’être celui sur qui on apprend à se défendre. Quelqu’un qui vous attrape au visage, vous renverse et emploi tous ses jolis kilos à vous appuyer sur la tête pour vous maintenir par terre pendant qu’il se relève – et surtout en prenant son temps car on n’accélère la cadence qu’au fur et à mesure – voilà qui est éprouvant pour les nerfs. Étrangement on s’habitue. L’impression de mourir passe et on se surprend à ne plus paniquer…Enfin je me surprends à être un peu moins flippée, pour être honnête. C’est à l’issu de se faire entraîner dessus que finalement j’apprends à me relever le plus vite : hors de question de rester lamentablement au sol !

Le K quant à lui était en paire avec le mastodonte de service – très gentil ! L’un n’empêche pas l’autre – qui ne l’a pas tant mis à mal. Ok, le gars est méga costaud, mais finalement son volume l’empêche de se mouvoir avec agilité, il se coince tout seul ! Bien sur je crois que ce ne fut pas une partie de plaisir de l’avoir assis sur son ventre à essayer d’étrangler, mais K dit qu’au final on s’en dégage assez bien !

Encore une fois, c’est vers la fin de la séance que cela dégénère pour moi – pour tout le monde en fait, c’est juste que nous ne réagissons pas tous pareil. Cette fois c’est par équipe de cinq (pouuuuuuurquoiiiii étais-je la seule fille !?!?), l’idée est de s’empiler sur un mec allongé au sol. Et d’attendre.  5 secondes Prêts ? Prêts !  Encore d’interminables secondes… ALLEZ ! Et le gars en dessous doit se sortir de sous nous, et se relever ! Puis on recommence inlassablement jusqu’à qu’un autre prenne le relais et c’est reparti pour un tour. Jusqu’à ce que ça soit mon tour. Évidement, je ne pouvais pas y échapper. Laissez-moi vous dire que je n’étais pas glorieuse. Et l’attente s’est révélée atrocement longue… Le poids de 4 hommes vous dis-je ! Et quand il a s’agit de m’extraire de là, il n’y avait que mes pieds et mes mains de libres, qui s’agitaient vainement. A court d’air, je ne parvenais pas à le dégager des trois (non, quatre !) tonnes posées sur moi. L’instructrice a dû voir que je m’étais encore fourrée dans une situation inextricable et que j’avais besoin d’aide, et est venue le nez contre mon nez. Mon cerveau commençait sérieusement à s’embrouiller et fondre. J’ai murmuré à cours d’air « arrêtez », mais bien évidemment, ce ne fut pas compris. J’ai rebranché mon cerveau anglais pour souffler un misérable « stop » et elle a rugit « bryt !!! » (version suédoise de la chose). Elle m’a redressé en un coup de main et permis à mes poumons de retrouver un peu d’air… Complètement sonnée la Lilou ! Mais je n’ai pas lâché l’affaire et suis repartie à la charge d’un autre volontaire à la mort par étouffement… Lors du dernier rassemblement avant de finir la séance, je me suis rapprochée de K, j’avais très envie de pleurer et avait besoin de sentir sa présence. C’était les nerfs qui encore une fois me prenaient au canaux lacrymaux. J’ai laissé coulé quelques larmes et ai respiré profondément. Pas besoin d’en faire un chessecake ! K m’a dit après m’avoir vu coincée sous les autres, incapable de bouger, cela l’avait encore perturbé et bien évidement mis en difficulté (lui même coincée sous 4 autres lascars). Bientôt ça sera de ma faute s’il se prend des mandales !

Nous rentrons chez nous un peu moins fatigués mais toujours aussi contents… Serions-nous un maso sur les bords ?

Je vous tiens au courant de nos exploits de la semaine prochaine ?

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