Celle qui ne savait pas qu’elle était folle

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Elle pensait que quitter son travail, cela n’avait rien d’exceptionnel, qu’on démissionne tous au moins une fois dans notre vie, parce qu’on est pas des moutons, parce qu’on peut user de notre libre arbitre et décider par nous-même ce qui est le mieux pour nous-même. Voilà ce avec quoi elle avait bassiné le monde ces derniers temps. Voilà ce qu’elle tenait mordicus dans sa tête et dans son cœur : démission, nouveau métier, nouvelle vie. Peut importe l’ordre des mots.
Elle avait bien commencé : nouveau métier dans la langue de Strinberg, nouvel emploi avec ses mains en supplément du précédent…
Au moment de la démission, le monde entier ou presque la retient par la manche, attends ! Ne fait pas cela ! Ce n’est pas une bonne idée ! Cela ne résoudra rien… Elle a dit oui oui, bof, je ne suis pas convaincue mais bon. Si vous voulez je vais voir l’infirmière, si vous voulez je vais voir la médecine du travail.

Je ne sais pas si elle aurait dû.

En l’espace d’une journée, elle se retrouve avec un nouveau tampon sur le front. Un tampon qui met un mot, une définition, qui rassemble des symptômes et qui met dans une boîte. Un mot qui dit que tu vas devoir prendre des médicaments qui vont te faire sentir comme une sous-bouse pendant une semaine mais que ça ira mieux après. Un mot qui dit que c’est pas vraiment ta faute, c’est ton cerveau, c’est tes synapses, on va décrasser tout cela. On va faire un grand lavage (?).

Maintenant elle ne sais plus à quoi ressemble sa vie. Elle avait déjà compris qu’elle avait beaucoup de mal à prendre une décision. Qu’elle avait beau avoir l’impression d’avoir les clefs en main, qu’il y avait quelque chose qui ne passait pas. Quitte à être folle elle a accepté un job à l’école primaire, de très tôt le matin à tôt le matin, pour jouer avec les enfants dont les parents travaillent trop tôt. Peut-être faudrait-il décharger la barque, parce que cela fait tout de même trois jobs et demi à partir de la semaine prochaine. Mais si elle arrête boulot un, elle sera bien contente d’avoir boulot trois pour payer le loyer, et au pire, cela pourra servir à se perfectionner pour boulot deux ! Complètement barrée j’vous dis.

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