Jouons aux nids

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Quand nous étions petits, nous aimions jouer aux nids. Nous nous appliquions à façonner l’herbe sèche, à entremêler les brindilles, à en adoucir la couche d’une mousse fine ou d’un tendre duvet parfois arraché à quelque vieux nid de la saison précédente. Et nous cachions notre demeure imaginaire avec une science qui semblait égaler l’instinct des oiseaux. Mais la magie s’arrêtait là : les œufs chauds et brillants qui couvent la vie, le pépiement des oisillons, le mystère touchant des plumes recouvrant lentement la chair rose, les grands becs ouverts pour quêter la nourriture délicate, l’émotion du premier envol, nous pouvions les imaginer, mais non les imiter ni les produire. Ce qui ne nous empêchait pas de nous passionner au printemps au spectacle de la vie qui naissait au fond de nids, s’agitait, pépiait, débordait jusqu’à ce que soit accompli le cycle.

Célestin Freinet, L’éducation du travail

bird nestVoilà encore une belle dictée en puissance…

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