Baleine sur canapé, la genèse

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Une nouvelle étape de ma vie commence.

Ces derniers temps je me demandais si nous n’étions pas en train de devenir véritablement adultes (ben oui, tous bardés de diplômes que nous sommes, c’est un rôle qui a encore du mal à se définir). Acheter une machine à laver ? Ouille ouille ouille, c’est diantrement sérieux ça ! Nous avons drôlement bassiné nos plus proches avec cette fameuse machine depuis le temps qu’on en parle… d’ailleurs, je ne sais plus où nous en sommes exactement, entre le modèle qui ne rentrait pas par la porte de notre salle de bain pas aux normes et que nous n’avons pas acheté in extremis après une semaine de grattage de crâne, entre la fiancée du copain qui travaille chez un revendeur à l’autre bout de la ville et qui peut nous avoir une belle promo mais que sur certains modèles, or elle n’en a pas la liste et donc il faut le lui demander au fur et à mesure pendant ses heures de travail, tout en s’assurant que les dits modèles 1) passent la porte, 2) ne soient pas trop gros ni trop chers, 3) soient energy-efficient et si possible avec 4) un programme court. Bref, je ne sais pas si nous aurons notre machine à laver avant Noël !

Et puis la vie décide qu’il y a des trucs encore plus sérieux qu’une machine à laver, des études à rallonge ou un CDI-de-rêve dans mon école-préférée… Elle te prend par le bide et te cloue au canapé. Littéralement. Tu rêvais d’avoir du temps pour toi ? Eh bien te voilà servie !

Puisque je n’ai jamais aussi bien porté mon pseudonyme de baleine qu’aujourd’hui, je me retrouve échouée, immobilisée sur canapé. La toute petite qui s’agite en mon sein en mon bidon se porte bien, pas d’infection, pas de drama, juste une douleur qui tenaille le ventre. Depuis le début j’ai mal au ventre, pas grand-chose d’abord, moins que des règles douloureuses. Au fil des semaines et des mois j’ai pris la mesure de mon utérus qui grandit au fil de la surface douloureuse, dure, qui s’étend. Cet été, ça a quelque peu entaché notre superbe voyage. J’ai pour ainsi dire à peine vu Moscou parce que je suis restée à me reposer en attendant que ça passe. Pour une fois le paracétamol a fait effet. Un paracétamol par jour et à moi de choisir le moment stratégique de la journée où je ne voulais pas avoir mal. Parce qu’avoir mal au milieu de nulle part ou d’une grande ville, surtout quand on est perdus dans le métro et qu’on a faim, sans trop de possibilité de s’asseoir sans même penser à s’allonger, ça tape sur le système. Et ça réveille tout un tas de peurs pas si illégitimes : et si je faisais une fausse-couche ? Serais-je déjà une mère indigne à crapahuter de la sorte ? Et puis faire une fausse-couche en voyage, ce n’est comme pas la manière dont on a envie de passer ses vacances. Ça aurait beau les rendre encore plus mémorable, ce n’est pas bien nécessaire, n’est-ce-pas ?

Avant les vacances j’ai blâmé mes terribles élèves de maternelle (ils ont occupé tout l’espace de mes cauchemars de rentrée, dès la mi-juillet !). Pendant les vacances, j’ai blâmé un rythme de vie et de voyage trépidant. Après les vacances et avant la rentrée j’ai blâmé le fait qu’il faille que je récupère de mes prouesses estivales. A la rentrée, j’ai blâmé la rentrée, et après la rentrée, j’ai blâmé la fatigue de la rentrée. Et puis j’ai blâmé cette fameuse journée du 14 septembre où j’ai randonné dans les bois avec mes élèves. Sauf que je n’ai toujours pas récupéré. Sauf que depuis nous avons traversé un cap, que dis-je, une péninsule. Que nous sommes en octobre, que j’ai passé 15 jours à NE PAS me démener, à NE PAS m’agiter, à NE PAS courir les couloirs de mon école ou de la ville. Nous sommes en octobre et la douleur ne passe pas et s’amplifie de jour en jour. Les bons jours j’ai 5 à 10 minutes d’activités précédées et suivies d’une à deux heures de repos.

Un nouveau rythme de vie, une nouvelle responsabilité : celle de tenir ma toute petite au chaud en attendant l’hiver. Que mon baleineau reste dans son milieu aquatique au lieu de se faire couver par une poule en plastique en néo-natalité.

La suite au prochain épisode…

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