Des contractions comme autant de fleurs

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Voilà plusieurs nuits que je dors peu, des contractions me réveillant au cœur du sommeil et ne me lâchant plus jusqu’à l’aurore.

La première nuit je les ai comptées et minutées : le temps de l’accouchement était-il enfin venu ? Je pouvais prédire leur venue quelques secondes avant qu’elles n’éclosent. Je les sentais comme des boutons de fleur s’ouvrant dans mon col puis mon utérus.

Des pivoines généreuses, d’abondantes roses , qui s’épanouissent.

Et se fanent.

Répit.

Calme pour une petite dizaine de minutes.

Pendant que fleurit chaque fleur, je lui dit oui, je lui envoie de l’amour, je parle à mon col pour l’encourager à s’amollir, à s’effacer, à s’ouvrir. Je parle à mon enfant pour lui dire que je l’aime, que je suis tant impatiente de la rencontrer, que la vie est une expérience formidable et qu’elle vaut tant la peine d’être vécue dans l’amour et dans l’émerveillement.

Après tant d’heures à regarder pousser mon jardin d’amour, quand le paracétamol ne change rien, petit coup de fil à la maternité pour respecter les procédures et signaler mon existence. Rappelez quand vous aurez trois à quatre contractions par tranche de dix minutes. Ah oui ? A ce rythme là, je ne serai plus en capacité de sortir de moi pour passer le dit coup de fil ! On me recommande dormir entre les contractions nocturnes au lieu de les minuter. A six heures et demi je m’endors comme une masse, le monde et la douleur s’évaporent dans les bras de Morphée. Étant donné l’immense fatigue du lendemain, je comprends qu’il est bon de dormir autant que faire se peut.

C’est ce que j’ai fait les nuits suivantes. Marmotte que je suis, je me rendors comme une masse entre chaque contraction. Sauf que chaque nouvelle me réveille par surprise. Pas le temps d’anticiper, de respirer, de visualiser. Que la douleur qui coupe le sommeil et le souffle. Le cerveau qui panique et voudrait fuir… Un gémissement s’échappe, les dents de serrent. Respire voyons ! C’est tellement plus douloureux ainsi qu’en cultivant mes fleurs ! C’est usant pour les nerfs. Un coup d’œil sur le réveil, toutes les dix à quinze minutes. Pas le moment de se bouger… Je me rendors. Pour que ça recommence. Ou pas. Vers sept heures c’est la fin de la gigue, je plonge. Je me réveille vers 9 heures d’une humeur de chien. Je veux accoucher bordel ! Si c’est pour douiller de la sorte sans résultat… JE VEUX ACCOUCHER !

Alors dans l’énergie du désespoir je mets la musique et me trémousse, range, nettoie, gigote… Alllléééééé !

Et puis rien.

Je suis fatiguée après cette nuit douloureuse.

Allllllééééééé !

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